Mai 2013
Chers Sœurs et Frères Oblats,
Pour préparer ses sœurs à la venue de l’Esprit, sœur Marie-Claude faisait cette méditation (12 mai 1978) :
« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole,
et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui,
et nous ferons chez lui notre demeure. » (Jn 14,23)
Ce texte de S. Jean … nous est offert en préparation à la fête de la Pentecôte. La liturgie de ces dernières semaines nous a d’ailleurs fait relire le discours après la Cène, dont ce passage est extrait, pour préparer nos cœurs à la venue de l’Esprit.
Dom Louf dit qu’il y a des lieux de l’Esprit où nous pouvons accueillir l’Esprit et il nomme en premier :
la parole de Dieu et le dialogue avec Dieu.
« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole. »
« Parole de Dieu : lieu de l’Esprit,
où nous pouvons accueillir l’Esprit. »
Ces deux textes éclairent la préparation des grandes fêtes, telle qu’elle nous est offerte par l’Église. La célébration de l’effusion de l’Esprit, comme celle de la Résurrection, est précédée d’une ample liturgie de la Parole où le don de Dieu nous est annoncé, remis en mémoire, à travers la lecture de l’Ancien et du Nouveau Testaments.
Cette Parole de Dieu écoutée ensemble est reçue chaque année d’une manière nouvelle. Peu à peu elle illumine notre être jusqu’à ses profondeurs et le dispose à accueillir l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs par l’Esprit qui nous est donné. Parole de Dieu qui devient dialogue avec Dieu dans les instants de recueillement qui la suivent, dans la réponse que nous donnons à la Parole par le chant des Versets.
Parole de Dieu, dialogue avec Dieu : accueil de l’Esprit dont la promesse culmine dans l’Evangile :
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : ‘Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur.’ En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint, l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Jésus. » (Jn 7,37-39)
Pendant l’écoute de cette Parole, souvenons-nous qu’elle est lieu d’accueil de l’Esprit et alors nous serons, nous aussi, toutes tendues vers sa venue, avec les Apôtres « qui étaient là comme des flambeaux disposés et qui attendent d’être allumés par l’Esprit Saint » (citation de St Ephrem le Syrien, t 373) – non seulement pour être consumés par le feu de l’Amour mais pour illuminer toute la création.
0 feu dont la venue est parole, dont le silence est lumière.
Feu qui établis les cœurs dans l’action de grâces.
(St Ephrem)
* * *
La fête du Saint Sacrement, don d’amour, suit peu après. Plusieurs méditations sont consacrées à l’Eucharistie ; en voici une, datée du 13 juillet 1978 :
De l’Eucharistie, de la rencontre avec le Dieu vivant, découle le témoignage, l’envoi en mission : « Sur l’heure ils partirent et revinrent à Jérusalem… » Dès que les disciples d’Emmaüs ont reconnu le Seigneur, ils vont trouver les Apôtres et ensemble ils témoignent du Christ ressuscité.
De notre participation au sacerdoce du Christ découle aussi notre mission : « Par lui et en lui nous offrons chaque jour au Père l’unique sacrifice de louange et d’action de grâces pour la gloire de Dieu et le salut du monde. C’est pour que Dieu soit tout en tous que nous nous offrons nous-mêmes et le monde avec nous. » (cf RV)
« Comment ferions-nous rayonner le mystère de la Croix, c’est-à-dire comment annoncerions-nous la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne, si nous ne participons pas nous-mêmes à cette mort chaque ,jour en offrant nos êtres tout entiers pour qu’ils deviennent l’être du Christ ? » (Notre Mère)
Nous savons que faire rayonner le mystère de la Croix est au cœur de notre vocation et nous avons parfois du mal à saisir ce que cela signifie… S. Paul dit (1 Cor. 11,26) : « Chaque fois que vous mangez ce pain et buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. » Voilà notre mission. Cela est vrai pour tout chrétien, mais le fait que nous ayons consacré notre vie pour que la Croix du Christ soit la lumière du monde nous oblige très spécialement à témoigner de la mort et de la résurrection du Seigneur.
Nous rendons ce témoignage par notre union au Christ, par l’offrande de tout nous-même, par l’unité de notre communauté, signe du seul Corps rassemblé dans l’Esprit- Saint. L’épiclèse de communion nous fait demander cette grâce à chaque messe. Après avoir fait mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus, nous demandons qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés dans l’Esprit-Saint en un seul corps ; le passage de la RV qui se réfère à cette prière fait de notre unité une annonce du Royaume, unité si fragile que l’Église chaque jour prie le Père d’envoyer son Esprit former en nous le corps du Christ. C’est cela l’épiclèse : c’est appeler l’Esprit sur : sur les dons avant la consécration pour qu’elles deviennent corps et sang du Christ ; sur les fidèles rassemblés pour qu’ils deviennent un seul corps et un seul esprit dans le Christ.
Et parce que nous sommes faibles, Jésus nous laisse sa présence invisible pour être à jamais avec nous sous le signe de cette présence :
« Après la célébration eucharistique, le Christ demeure au milieu de nous. Il est l’Emmanuel, le « Dieu avec nous ». La présence de Jésus dans son eucharistie fortifie notre foi, notre espérance, notre charité et nous fait entrer dans une attitude continuelle d’adoration. » (RV)