Sr Anne Samuel
J’irai vers Dieu qui est toute ma joie !
Cette devise, je l’ai choisie à cause du thème de la joie et de la dynamique qu’elle contient. Il me semble pouvoir dire aujourd’hui en toute sincérité que je suis heureuse, profondément heureuse d’être comme je suis et je mesure bien tout le poids de mes mots !!! Mots qui pourraient choquer plus d’une personne, surtout dans notre société actuelle, mais qui traduisent pourtant la réalité.
Bien souvent, on me demande : “Mais comment faites-vous pour avoir ce sourire, cette joie avec votre handicap ?” Je suis toujours un peu démunie pour répondre car je n’en sais strictement rien ou, plus exactement, je ne fais rien de particulier ! Ma joie, mon sourire, c’est la joie et le sourire de Dieu. C’est un don qui habite les profondeurs de mon être tout entier et qui me dépasse infiniment.
Mystérieusement, après bien des luttes et des souffrances, mon handicap est devenu le lieu où peut rayonner la Gloire de Dieu ; il n’est pas un fardeau que je porte vaillamment sur mes épaules, il est ce lieu où Dieu fait germer la Vie et la Joie. Il est le témoignage que Mon Seigneur et Mon Dieu est toujours victorieux du mal. Encore une fois, cela me dépasse totalement et j’ai bien conscience de n’y être absolument pour rien !!! C’est une grâce immense qui m’emplit souvent d’un sentiment qu’il m’est difficile de nommer et qui me pousse intérieurement à adorer Mon Dieu, Mon Créateur dans un désir toujours plus grand et plus profond.
C’est cela que je désire aujourd’hui et j’espère le désirer à jamais : aller dans un élan toujours plus grand, dans un don toujours plus total de tout mon être vers Celui qui est ma joie, mon allégresse.
Sr Anne-Samuel de la Croix Glorieuse
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Sr Maria-Goretti
Je suis à mon Bien-aimé et mon Bien-aimé est à moi. (Cant 6, 3)

Telle est ma devise que j’ai choisie pour guider ma vie, moi qui suis l’Aimée de Jésus ! Une présomption ? un rêve ? une réalité ? un désir ? Peut-être tout cela à la fois !
Je n’ai pas peur de prendre ces paroles de l’épouse du Cantique des Cantiques à mon compte, car je suis sure de l’amour et de la fidélité du Seigneur envers moi. Malgré ma petitesse, je crois (et je l’ai toujours cru) que le Seigneur m’aime, Il s’intéresse à moi !
Même si je n’ai aucun doute sur la réalité de mon appartenance à Jésus, il reste quand même un chemin à parcourir, un espace à conquérir, une conversion à vivre pour que le ‘vieil homme’ soit entièrement détruit en moi et pour que le Christ Jésus prenne toute la place.
Être entièrement au Bien-aimé et oser conquérir le Bien-aimé, pour moi, c’est accepter de jour en jour d’entrer dans ma vocation de femme, je vais dire d’épouse et de mère. Une femme pour moi, surtout une femme consacrée au Seigneur ne peut avoir d’autres buts dans sa vie que celui d’appartenir entièrement à son Divin Époux et par Lui, avec Lui et en Lui, dans la joie et la douleur, d’enfanter des enfants pour le Royaume.
Oui, pour moi, l’épouse de Jésus est cette femme dont il est dit dans le psaume 112 ‘Heureuse mère au milieu de ses fils’. Car cette mère, tout en étant stérile biologiquement, a été choisie par son Dieu pour vivre en sa maison et entourer d’amour tous les enfants de Dieu. Sr Maria-Goretti Aimée de Jésus
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Sr Marie Françoise
Oui, Père !
Je suis rentrée tardivement au couvent, à l’âge de 34 ans, parce que ma mère était seule, veuve ; ses trois autres enfants étaient mariés. J’ai donc vécu la guerre et le débarquement avec elle, au sud de Bayeux, pendant trois semaines dans la zone de feu. Puis ce fut l’exode. Après la guerre, mon curé m’a passé, au bon moment, la revue des Études de juin 1945 où se trouvait l’article du Père Maurice Gaucheron, notre Fondateur, sur l’Institut de Jésus Crucifié, que je ne connaissais pas. La fidélité à la volonté de Dieu m’a enthousiasmée et cette adhésion m’a fait dire ma devise : ‘Ita Pater ! Oui, Père !’ La réponse de ma mère a été : ‘ne me compte pas dans ta décision’. Je l’ai admirée.
Oui, Père de Jésus Christ et notre Père, que ta volonté soit faite (donc pas la mienne) sur la terre comme au ciel. Notre Mère fondatrice m’a acceptée comme Oblate Régulière, ce qui n’existe plus, mais mon cœur reste toujours donné et consacré.
Le passé est passé, j’ai eu des hauts et des bas comme dans toute vie. Mais je ne me décourage pas, parce que je m’accroche toujours à l’infinie Miséricorde de Dieu. Je voulais fêter mon jubilé de 60 ans le dimanche de la Miséricorde, mais d’autres raisons ne permettent pas de le faire. Ce sera donc le 6 avril, avec les Pèlerins d’Emmaüs qui sont repartis dans la joie après la fraction du pain.
L’avenir,je ne l’ai pas encore ; il sera court sans doute, ayant 95 ans. Je ne m’abandonne pas toujours et m’inquiète parfois pour le futur, mais je pense que j’aurai la grâce actuelle.
Je possède donc le présent, pour lequel je rends grâce à Dieu, pour être encore indépendante, avec mes yeux, mes oreilles, ma tête et mes quatre membres. Aussi, je peux encore avoir des activités, à l’orgue, à la porterie et rendre de menus services. Deo Gratias ! Ita Pater ! Marie, ma sainte patronne m’aide. Elle a vécu son Fiat et a élevé son Fils Jésus qui a dit : ‘Me voici, Père, je viens faire ta volonté et non la mienne’. Amen, Alleluia !
Sr Marie-Françoise
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Claude Boucain
Ma rencontre avec le Seigneur remonte à il y a environ 18 ans, à Rome, alors que je voulais approcher le pape Jean Paul II après une audience papale.
Je me demandais ce qui se passait en moi, car j’étais transformé. Quelques semaines après, je rencontre une communauté nouvelle à qui je raconte mon témoignage. Pas surprise, elle me dit que cela s’appelle une conversion, j’ai été touché par la grâce.
Depuis, une nouvelle vie a commencé pour moi, retraites , formations, tout ce qui permet d’être près du Seigneur et surtout de le connaître. Jusqu’au jour où je découvre par hasard la Congrégation. Je fus accueilli, ainsi que mon épouse, par les religieuses, cela fait bientôt 15 ans.
Depuis cet accueil nous essayons de vivre au rythme de la Congrégation, en assistant aux offices, en suivant des journées de formation (liturgie, eucharistie, psaumes...) et des retraites. Cette vie monastique nous convient.
Nous sommes des laïcs et nous sommes dans le monde, mais avec elles, nous retrouvons la paix, la force, la prière, l’envie d’aider. Aujourd’hui, nous faisons partie des amis de la Congrégation des bénédictines de Jésus Crucifié.
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