Réfléchir

Des textes pour approfondir notre foi …

 

Au centre : le Christ ! Il se relève.

Il danse de joie.

Il rayonne.

 

Par lui, à travers ses bras étendus - récemment sur la croix, maintenant en geste d’accueil - passe la Bénédiction créatrice et vivifiante du Père, transformant l’instrument de supplice, la croix, en arbre de vie aux bourgeons démesurés, prégnants d’espoir et de vie nouvelle.

 

Le serpent terrifiant et mortifère du Paradis a été changé en serpent de bronze (cf Nb 21 ; Jn 3,14) qui guérit tous ceux qui le regardent.

 

Le sol est imprégné du sang de l’homme-Dieu donnant sa vie par amour, pour nous tous – le sang qui est sève de vie et qui en même temps signifie le feu de l’Esprit.

 

Les eaux menaçantes des forces du mal ont dû se retirer devant ce nouveau monde en train de naître, en travail, toujours et toujours, jusqu’à la fin de ce monde et la naissance du Règne de Dieu.

 

 

Union de Jésus Crucifié            Septembre – Octobre 2017
              

               « Sans fin, Seigneur, nous chanterons ton amour,
                        ta fidélité sans cesse nous garde. »

 

Chers Amis,

Cette Antienne ci-dessus, nous la chantons parfois au moment de la Communion à la Messe du dimanche. Elle parle de la fidélité de Dieu. Nous, hommes et femmes, avons tendance plutôt à parler de la fidélité des personnes, quelquefois envers Dieu et souvent envers un autre,  ami, mariés,  religieuse, etc.

Un bon exemple d’un ami fidèle se trouve dans l’Ancien Testament dans le livre de l’Ecclésiastique :

« Un ami fidèle est un puissant soutien :
     qui l’a trouvé a trouvé un trésor.
   Un ami fidèle n’a pas de prix,
     on ne saurait en estimer la valeur.
   Un ami fidèle est un baume de vie
     le trouveront ceux qui craignent le Seigneur.
   Qui craint le Seigneur se fait de vrais amis,     
     Car tel on est, tel est l’ami qu’on a. »

Les deux dernières lignes de cette citation doivent peut-être retenir notre attention !
Toujours dans la Bible, nous avons, parmi d’autres, un bel exemple d’époux fidèles. Dans l’Ancien Testament se trouve un livre intitulé « Tobie ». Tobie, à la demande de son père devenu aveugle, fait un long voyage pour récupérer de l’argent que son père avait déposé et après des aventures, il a demandé en mariage Sara, la fille d’un de leurs frères dans la Foi. La nuit de leurs noces, avant de coucher ensemble, Tobie a fait, pour leur mariage, une très belle prière qui s’est terminée en ces mots :
« Et maintenant, ce n’est pas le plaisir que je cherche en prenant ma sœur, mais je le fais d’un cœur sincère. Daigne avoir pitié d’elle et de moi et nous mener ensemble à la vieillesse. Et ils dirent de concert ; ‘Amen, amen’. » C’’est ce qui s’est passé, et comme se terminent les petites histoires d’enfants : »ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.»

Pour nous, religieuses, nous avons, dans notre formule de Profession, les trois vœux monastiques, bien sûr, mais aussi nous nous engageons : « à suivre le Christ dans sa fidélité à la volonté du Père ». Cette promesse est spécifique à notre Congrégation de Sœurs (Bénédictines) de Jésus Crucifié – Jésus qui a fait la volonté du Père ‘jusqu’à la mort et la mort sur une croix’. Il est intéressant de noter qu’au moment des jubilés des Sœurs où elles s’expriment, chacune en ses propres termes, leur reconnaissance envers le Seigneur, qu’elles disent ‘Je te rends grâce Seigneur de ta fidélité pendant ces années…’

Et maintenant passons à la fidélité de Dieu envers les hommes.

L’Ancien Testament nous parle, dès le début de l’histoire du salut jusqu’à la fin, de la fidélité de Dieu envers les hommes et de l’infidélité des hommes envers Dieu. Dieu a été toujours fidèle à ses promesses. Nous le voyons dans l’histoire d’Abraham où une descendance ‘plus nombreuse que les étoiles dans le ciel’ était promise à Abraham et sa femme Sara, qui étaient vieux, avancés en âge.

 Et puis, après des années, ce peuple a dû émigrer en Egypte à cause d’une famine dans leur pays. Après quelques siècles, ils ont été maltraités par le Pharaon et Dieu est venu à leur aide, par l’intervention de Moïse. Nous connaissons bien cette histoire où Moïse les a emmenés d’Egypte en Terre Promise où ils devaient s’installer comme ‘la race choisie’. Une Alliance a été faite – le Décalogue – et Dieu  promis que, s’ils gardaient cette Alliance, Il serait avec eux à jamais. Mais avant même qu’ils arrivent en Terre Promise, ils l’ont rompue et cela était le commencement d’une longue histoire d’infidélité de leur part.

Dans l’Office divin de l’Eglise, nous chantons beaucoup de psaumes qui parlent de la fidélité de Dieu et de l’infidélité des hommes. Par exemple, dans le psaume 105 (106), nous avons toute une liste de fautes, de péchés, d’infidélités, et avant tout cela, le psalmiste nous dit :

«Il s’est toujours souvenu de son alliance…
  promesse faite à Abraham…
  alliance éternelle pour Israël.»

Ensuite, le psaume 116 tout entier dit la fidélité du Seigneur :
« Louez le Seigneur tous les peuples ;
  fêtez-le, tous les pays !
 Son amour envers nous s’est montré le plus fort ;
 éternelle est la fidélité du Seigneur. »

 Nous pouvons maintenant regarder quelques versets du Cantique de Zacharie que nous chantons chaque matin aux Laudes et qui nous renvoie à l’histoire d’Adam et Eve qui ont été tentés de  désobéir   à Dieu. Et Dieu, parlant au serpent lui dit : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au  talon. » C’est la promesse voilée du Sauveur dont Zacharie parle :  

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
  qui visite et rachète son peuple.
  Il a fait surgir la force qui nous sauve
  dans la maison de David son serviteur,
  comme il avait dit par la bouche des saints,
  par ses prophètes depuis les temps anciens…
  amour qu’il montre envers nos pères,
  mémoire de son alliance sainte. »

Et puis, le Magnificat, le Cantique de Marie, prononcé après l’Annonciation , se termine avec les mots :

« Il relève Israël, son serviteur,
   Il se souvient de son amour ;
   de la promesse faite à nos pères ;
   en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais. »

« Oui, le Seigneur est bon…
sa fidélité demeure d’âge en âge.»
                                                                                                

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Nous recommandons à votre prière, Monsieur Paul Migniot, décédé  récemment.  Il a été Membre de l’Union pendant longtemps et Président de l’Association des Amis des Malades
pour plusieurs années .Union de Jésus Crucifié

 

Lettre aux oblats

Octobre 2017

Chères Sœurs et chers Frères en Oblature,

Sœur Marie-Claude reste longtemps sur le chapitre du silence, dans notre Règle de Vie, comme une amoureuse ou quelqu’un qui a quelque chose de très important dont il faut  montrer toutes les beautés en détail. Vous connaissez sûrement des œuvres d’art, des tableaux par exemple, dont, en les voyant on dit : ‘Que  c’est beau !’ puis on passe à un autre objet. Si on a la chance d’avoir un guide avec soi, un vrai connaisseur, il pourra vous ouvrir les yeux sur des profondeurs de beauté insoupçonnées.

Ainsi Sœur Marie-Claude essaie de nous faire voir le vrai pourquoi du silence, ce qu’il est vraiment : non pas une absence de… mots, de bruit, etc. Mais un espace désencombrée, ouvert pour la Présence.

Pourtant, même en le sachant, il n’est pas si facile que ça,  dans la vie quotidienne, en communauté, d’en rester conscient et de vivre à ce niveau…

Seul le silence peut permettre l’accueil de la Parole et sa résonnance au plus profond de notre être. Il est l’atmosphère de la vie d’oraison et l’âme de la louange divine. Il est aussi l’acte habituel d’une vraie charité qui nous fait respecter le recueillement de nos sœurs. RV

La dernière fois, nous avons vu le lien entre le silence et l’amour. Aujourd’hui ce lien nous apparaît sous une forme plus concrète : celle de la charité fraternelle.

Nous aimons Dieu, nous faisons silence pour accueillir sa  Parole, pour demeurer en sa Présence.

Nous     aimons nos sœurs, nous enveloppons notre vie – et donc la leur – de silence pour leur permettre ce recueillement – cette paix – où Dieu se dit, où l’être humain peut se refaire.

Acte habituel d’une vraie charité – d’une parfaite charité. Charité très haute, en effet, que le souci de favoriser à nos sœurs ce pour quoi elles sont venues : chercher Dieu dans la conversion et la louange.

Le silence est donc un moyen pour tendre au recueillement, à l’union à Dieu. Il est aussi  moyen pour rencontrer nos sœurs en vérité. Vous avez sûrement expérimenté que parler, échanger, ne débouche pas forcément dans la rencontre, la communion.

J’aime à rapprocher ces deux paragraphes de la Règle de Vie : celui que nous venons de lire, qui fait du silence  l’atmosphère de la vie d’oraison, et le dernier qui fait du silence le lieu de la rencontre fraternelle et du témoignage.

Plus nous demeurons en Dieu, plus nous pouvons nous accueillir mutuellement à un niveau profond, à ce niveau où Dieu habite. Comment pourrions-nous témoigner de Dieu qui est Amour si nous ne vivions pas habituellement de sa Présence – si nous ne cherchions  pas à le reconnaître en chacune de ses créatures ? Des chemins divers peuvent conduire à cela et des personnes en pleine activité apostolique vivent profondément ce double appel du Seigneur :

-    Demeurez  dans mon amour…
-    Aimez-vous les uns les autres comme  je vous ai aimés…

Pour nous, la qualité de notre silence va importer beaucoup pour une vraie rencontre avec Dieu, avec nos frères et, par suite, pour la valeur de notre témoignage. Aussi pouvons-nous nous demander ce que recouvre notre silence : un souci de tranquillité ou de communion ? et d’abord, existe-t-il vraiment ?

« Plus le silence s’approfondit, plus il permet une rencontre vraie avec nos sœurs et avec ceux qui viennent à nous, et plus il témoigne de la Présence de Dieu parmi nous. »  RV (15.05.1979)

 

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