Réfléchir

Des textes pour approfondir notre foi …

 

Au centre : le Christ ! Il se relève.

Il danse de joie.

Il rayonne.

 

Par lui, à travers ses bras étendus - récemment sur la croix, maintenant en geste d’accueil - passe la Bénédiction créatrice et vivifiante du Père, transformant l’instrument de supplice, la croix, en arbre de vie aux bourgeons démesurés, prégnants d’espoir et de vie nouvelle.

 

Le serpent terrifiant et mortifère du Paradis a été changé en serpent de bronze (cf Nb 21 ; Jn 3,14) qui guérit tous ceux qui le regardent.

 

Le sol est imprégné du sang de l’homme-Dieu donnant sa vie par amour, pour nous tous – le sang qui est sève de vie et qui en même temps signifie le feu de l’Esprit.

 

Les eaux menaçantes des forces du mal ont dû se retirer devant ce nouveau monde en train de naître, en travail, toujours et toujours, jusqu’à la fin de ce monde et la naissance du Règne de Dieu.

 

 

Juillet –Août 2014 (suite)

Chers Amis,Ste Anne Copte 3

Nous avons vu que pour bien entendre, il ne faut pas tout entendre, mais saisir une parole, la parole qui est pour moi appel et vie promise, et la suivre jusqu’au bout  …

Vient alors l’adhésion profonde du cœur, le consentement qui ouvre à la joie : la parole reçue et accueillie comme une parole de vie que nous faisons nôtre, comme rejoignant le désir le plus profond de notre être.

Ecouter jusqu’au bout, jusqu’à la fin, nous demande d’accomplir la parole entendue, de la « faire » en quelque sorte. Le latin nous montre bien le lien profond qui existe entre ‘audire’ (écouter) et ob-audire (obéir) ; la parole n’est véritablement reçue que lorsqu’elle est ‘obéie’.

Regardons Marie …

On a pu dire de Marie qu’elle est le modèle achevé du disciple, celui qui suit Jésus au plus près. Elle est disciple comme nous, même si elle l’est à un titre particulier.

Les Evangiles, en dehors des récits de l’enfance du Seigneur, parlent assez peu de Marie, en comparaison des Apôtres, par exemple. Mais ce qui est dit suffit pour que nous comprenions un peu ce qu’elle a vécu en profondeur.

Elle est d’abord celle qui écoute, comme Saint Luc le met en relief dans les petits résumés qu’il affectionne :
Marie conservait toutes ces choses, les méditant en son cœur (Lc 2,19 et 51), à quoi fait écho la déclaration de Jésus lui-même :
Ma mère et mes frères ; ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent (Lc 8,19).
Si être disciple c’est d’abord écouter le Maître, Marie est vraiment disciple de son Fils, et elle l’est en perfection.
Elle est ainsi, pour nous, le modèle du disciple que nous désirons être.

 

Lettre aux oblats


juin 2017

Chères Sœurs et chers Frères en Oblature,

Il n’y a pas longtemps, Sœur Marie-Claude nous parlait, dans son petit  chapitre, de la nécessité de toujours commencer, d’accueillir chaque jour comme une chance nouvelle de conversion. Aujourd’hui elle touche un thème semblable : la persévérance. Mais cette fois ce n’est pas sur une autorité extérieure  qu’elle s’appuie, fût-ce un moine  ami, mais sur nos premiers documents fondamentaux.

Le texte qui suit date de 2 mars 1979.

« Nous consacrons un temps chaque jour à la lecture de l’Ecriture de telle sorte qu’elle nous devienne  familière et féconde notre vie » RV

Chaque jour. Nos Constitutions insistaient déjà sur cette nécessité quotidienne de la lecture : « Les Sœurs feront tous les jours la lecture spirituelle ». Mais dès 1932, dans nos premiers documents, Notre Mère fait une place importante à la lecture et à l’étude dans notre vie : « Pour éviter beaucoup d’illusions dangereuses, pour  donner appui à leur foi, un aliment à leur oraison, pour meubler leur esprit et remédier aux dangers de la rêverie…. les sœurs, sagement guidées selon leurs besoins et leurs possibilités, s’adonneront  à la lecture et à  l’étude. Elles auront toujours un livre de lecture,  choisi spécialement pour chacune d’elles et dont elles se serviront chaque jour. Pour rendre leur lecture fructueuse, elles voudront réfléchir et  méditer tout  en lisant. Les sœurs ne passeront pas d’un livre à l’autre par caprice, mais elles finiront toujours la lecture qu’elles auront commencée ».

Il est très intéressant de relire ce premier texte. Même si le terme de « lectio divina » n’y est pas employé, il en décrit les conditions : il s’agit d’une lecture méditée qui pénètre la vie – « fructueuse » - qui est en fonction de la prière – aliment pour leur prière – d’une lecture assidue – « chaque jour » - persévérante – « elles finiront toujours la lecture qu’elles auront commencée ».

On ne parle pas de l’Ecriture car en 1932 on lisait plus facilement les commentaires de l’Ecriture que la Bible elle-même. Mais lorsqu’il est question dans nos Constitutions, de  conformer notre vie à Jésus Crucifié, Notre Mère nous renvoie à la méditation de l’Evangile et des  passages  prophétiques de l’Ancien Testament.

Ce texte de 1932 s’inspire de la RB. Dans le chapitre 48,  saint Benoit consacre chaque jour certaines heures au travail des mains, et d’autres à la lecture des choses divines – « in lectio divna », dit le texte latin. Il tient compte des besoins et des possibilités diverses en prévoyant le cas des frères qui ne peuvent lire. S. Benoît invite aussi à la persévérance en sanctionnant une même lecture sans passer d’un livre à l’autre : « on donnera à chacun un livre de la bibliothèque qu’il lira à la suite et en entier ».

Il combat oisiveté et prévoit le cas de frères paresseux qui perdent leur temps « en oisiveté ou en rêverie » (en bavardage, disent  certaines traductions). Pour pallier à ce danger et pour que des frères ne se nuisent pas à eux-mêmes, ni dissipent les autres, il envoie des anciens parcourir le monastère aux heures consacrées à la lecture.

Le Frère Bernard – Trappiste ami – commente ainsi ce passage : « Même aujourd’hui, la constance dans la lectio est une des ‘épreuves’ de la vie monastique et a besoin de l’encouragement mutuel. Contre elle vaut directement la mise en garde contre la paresse. Les Pères avaient remarqué cette forme de paresse spéciale qu’ils appelaient « l’acédie » et à laquelle fait allusion saint Benoît : un frère paresseux (‘acédieux’  en latin) perd son temps en repos et en rêverie et non attentif à la lecture… Cassien y consacre un chapitre connu de ses « Institutions Monastiques » (LX,2ss). Le manque de goût à la lecture se traduit bientôt par un manque de goût à quoi que ce soit et pour finir par l’impatience de tout, l’irritation, la révolte contre son état… Il est possible de fuir la lectio divina de bien de manières : par le travail, le ministère, la distraction et même une certaine recherche de la prière. C’est une question de vie personnelle, mais qui est aussi plus ou moins aidée par le climat ambiant de la communauté. »
 

 

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