Lettre aux oblats

 Septembre 2019


   Chères  Oblates,

Nous continuons notre lecture  de la conférence donnée par
        Mère Marie-Madeleine, Prieure du Monastère de Vanves,  
à la dernière réunion du SOB, en juin 2018 à Citeaux, sur le thème :

Le  Notre Père           
                                          ( le style parlé est gardé)
                                         « 3 ème  suite »



Aujourd’hui, notre vie change, c’est sûr, mais on est vivant, n’ayons pas peur d’engendrer, il peut y
avoir des jumeaux qui arrivent ou plus encore ! C’est étonnant, il y a à accueillir la grâce de la foi qui engendre, la grâce de l’engendrement qui vient du Père.

Dieu peut surprendre, qui nous  donne-t-il d’engendrer ensemble, aujourd’hui ?

Notre fécondité, elle est donnée. Elle est donnée, si nous sommes vivants de cette vie-même au
laboratoire de l’écoute de Dieu. Et je crois que nous avons à oser être ce disciple que Jésus aime,
dans ce ressourcement du Notre Père.
Cyprien de Carthage parle de la prière comme une prière publique pour dire cette paternité, cette humanité, ce Christ dans sa passion, ouvre à l’universel.

Quand on dit « Notre Père » « Pater Noster » c’est universel. D’un bout du monde à l’autre, ce Notre Père monte, ce cri monte, et donc le monde monte vers le Père. La paternité de Dieu a vraiment une dimension universelle. Rien qu’à nous voir, nous représentons l’universalité du Salut. Et quand ensemble nous disons « Notre Père », nous montons vers le Père et le monde monte vers le Père. Le croyons-nous vraiment ? Ensemble nous hissons le monde posé comme le paralytique sur le brancard sur le toit du monde pour le rapprocher du Père !
 
Notre vie est bien une vie de fils, de filles de Dieu, nous portons la prière du Fils qui prie pour tous. Et nous sommes individuellement, personnellement et communautairement porteurs, engagés par notre profession à tenir cette prière, à la rendre, à la vivre, à l’incarner, pour l’unité, pour que le monde soit sauvé.

Alors quand on est sur son lit malade, on peut encore dire le Notre Père, ne serait-ce que dire
 « Notre Père ». Je crois que la vie s’ouvre, l’horizon s’ouvre, le ciel s’ouvre. Quand on accompagne des malades, j’ai accompagné un mourant, on accompagne et on n’a pas grand- chose à dire à côté d’un frère ou d’une sœur qui meurt, si ce n’est de pouvoir dire des fois simplement un psaume, prier le  Notre Père, nous voyons bien que quelque chose s’ouvre. Nous sommes témoins d’une vie qui se ramasse et qui s’ouvre.

Une sœur de ma communauté, à quelques jours de sa mort n’avait plus rien, plus rien à dire, elle ne
supportait plus rien, elle disait : « mais Dieu est là, ça me suffit », alors elle s’est même disputé une
fois avec une sœur qui voulait lui apporter la communion, et pour lui apporter la communion, elle ne comprenait pas que sa sœur malade n’ait pas prié les psaumes, elle lui dit : « mais quand même ma sœur, vous n’êtes pas prête ! » Et l’autre lui a répondu, « mais si vous ne voulez pas me le donner, repartez avec ! ! »
La sœur arrive dans mon bureau : « c’est lamentable, elle ne prie plus, je lui donne la communion
n’importe comment... » et moi de répondre : « calme-toi, calme-toi... » et puis après je vais voir la
sœur à l’infirmerie qui m’accueille en me disant : « mais quand même Dieu est là, je n’ai pas besoin de toutes ces paroles ».
Dieu est là, je n’ai pas besoin de toutes ces paroles. L’aboutissement d’une vie filiale à 92 ans.
Le « Notre Père » accompli ! » Quand on est témoin de cela, ces expériences nous habitent. Il y a des choses que nous lâchons pour cet essentiel !
Cela doit ensemencer le champ du monde contemporain, un champ tellement chaotique, que vous connaissez mieux que beaucoup de moines et de moniales, et que vous pouvez alors ensemencer à la fois soutenus par notre vie de labeur, tenir le Notre Père, le vivre, le restituer en actes... et en émissaires, en envoyés de la Bonne Nouvelle du salut que nous essayons de célébrer 5 ou 6 fois par jour ! Le sacrifice de louange est le lieu communautaire efficace pour le salut du monde, ce lieu est public, jamais notre propriété, c’est un service, l’opus Dei... Ensemble, saints !

Le pape François nous soutient : Il nous faut un esprit de sainteté qui imprègne aussi bien la solitude que le service, aussi bien l’intimité que l’œuvre d’évangélisation, en sorte que chaque instant soit l’expression d’un amour dévoué sous le regard du Seigneur. Ainsi, tous les moments seront des marches sur notre chemin de sanctification.             
                            ( à suivre )



Le 14 septembre, c’est notre Fête patronale :

                             À toutes nos meilleurs vœux,
Que Dieu vous bénisse !

Vos Soeurs du Monastère St. Joseph de Brou-sur-Chantereine