Lettre aux oblats


Août  2018


Chères  Oblates,

Voici la suite de l’intervention de Joan Chittister au Congrès des Oblats bénédictins à Rome en  2017 :


Les oblatures démontrent que la Dernière Cène de De Vinci, avec son « rien que des hommes », version apostolique et privatisée de la théologie eucharistique de Jésus, n’est pas représentative.
Mais ces oblatures démontrent clairement ce que dévoile la toile de Piasecki où des hommes, femmes et enfants mangent ensemble à la fête de la Pâque :
La table où Jésus nous appelle est une table d’hommes et de femmes, d’apôtres et de disciples, de jeunes et de moins jeunes, tous partageant le même pain, tous sont appelés à boire au même calice, tous participant au développement théologique de la toute première communauté chrétienne.
Elles nous rappellent les foules que Jésus a attirées autour de lui mais qui, au fil des siècles, sont devenues des pyramides « pieuses » conçues pour garder la plupart des gens à l’extérieur.

Les oblatures sont destinées à dissiper l’image d’exclusivité, qui fait de la spiritualité la compétence d’un club privé de cognoscenti, des gens spéciaux, d’un genre particulier, supposément érudits, spécialement reconnus, spécifiquement asexués, qui définissent ses limites et qui gardent les récompenses pour eux-mêmes.

En définitive, les oblatures sont vues comme des consommateurs de la tradition, mais aussi comme des témoins vivants de la tradition dans notre monde moderne, ce qui permet à ses oblats, mais aussi à la communauté religieuse elle-même de renforcer les dons des autres et en même temps d’apprendre de ces mêmes dons.

Abba Arsénius et le vieux paysan savaient, que c’est la Sagesse, que nous cherchons ensemble, qui sera la plus authentique.

Les oblats apportent au monastère le don d’immersion dans une toute autre dimension de la vie, avec toutes ses idées, ses visions, ses problèmes complexes et nous demandent notre conscience, notre compréhension, notre aide et notre voix.
Les monastères apportent aux oblats l’expérience vécue et le réel témoignage d’une tradition spirituelle de longue date qui a résisté à l’épreuve du temps durant des siècles de défis, stabilisé toutes les couches de la population durant de graves dangers et orienté l’ensemble des chercheurs de spiritualité durant les périodes les plus sombres.

Au 5e siècle, quand l’Empire romain s’effondra et quand l’Europe tomba en ruine, les bénédictins furent là pour donner du sens spirituel, ainsi qu’une organisation sociale au peuple laissé sans repère politique, ni conseil spirituel.

C’est un cri qui nous est lancé, afin de continuer à apporter les valeurs bénédictines au cœur de chaque système.
Alors que la société mercantile émergeante commença à dévorer la vie des pauvres au nom d’un nouveau système économique qui déroba les pauvres de leur terre et ne les rétribua pas pour leur travail, les monastères éduquèrent ces pauvres afin de les préparer à faire le grand saut du servage à l’autonomie.

C’est un cri qui nous est lancé afin de participer au renouveau de nos propres sociétés, toujours capturées par le matérialisme qui vide l’esprit, et afin de nous engager également, à créer d’autres valeurs, plus profondes et durables.

Alors que la religion échoua elle-même et engendra la division des nations, plutôt que la paix, les bénédictins combattirent pour créer « une règle de guerre » et cherchèrent à apporter un discernement spirituel à la complexité des relations humaines.

Ce modèle est un cri qui nous est lancé, afin de percevoir le développement des valeurs bénédictines comme étant notre responsabilité sociale, et non pas comme une excuse afin de nous mettre à l’écart de la société au nom d’une fausse et infructueuse piété à la face de Jésus qui le dit clairement : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (Mt 7:16)

Alors que les industries familiales s’effondrèrent et les fermes familiales disparurent, alors que la nouvelle industrialisation mena les hommes dans les usines leur donnant de l’argent - mais rien aux femmes - les moniales ouvrirent des écoles pour filles et garçons, afin que les graines semées pour un monde égalitaire soit un jour non seulement possible, mais aussi impératif.
 Elles ont commencé également à pourvoir à l’éducation des femmes, à garder leurs enfants, à leur proposer des soins de santé ainsi que les conditions dont leurs vies dépendront dans les générations à venir.  (àsuivre)
Août  2018


Chères  Oblates,

Voici la suite de l’intervention de Joan Chittister au Congrès des Oblats bénédictins à Rome en  2017 :


Les oblatures démontrent que la Dernière Cène de De Vinci, avec son « rien que des hommes », version apostolique et privatisée de la théologie eucharistique de Jésus, n’est pas représentative.
Mais ces oblatures démontrent clairement ce que dévoile la toile de Piasecki où des hommes, femmes et enfants mangent ensemble à la fête de la Pâque :
La table où Jésus nous appelle est une table d’hommes et de femmes, d’apôtres et de disciples, de jeunes et de moins jeunes, tous partageant le même pain, tous sont appelés à boire au même calice, tous participant au développement théologique de la toute première communauté chrétienne.
Elles nous rappellent les foules que Jésus a attirées autour de lui mais qui, au fil des siècles, sont devenues des pyramides « pieuses » conçues pour garder la plupart des gens à l’extérieur.

Les oblatures sont destinées à dissiper l’image d’exclusivité, qui fait de la spiritualité la compétence d’un club privé de cognoscenti, des gens spéciaux, d’un genre particulier, supposément érudits, spécialement reconnus, spécifiquement asexués, qui définissent ses limites et qui gardent les récompenses pour eux-mêmes.

En définitive, les oblatures sont vues comme des consommateurs de la tradition, mais aussi comme des témoins vivants de la tradition dans notre monde moderne, ce qui permet à ses oblats, mais aussi à la communauté religieuse elle-même de renforcer les dons des autres et en même temps d’apprendre de ces mêmes dons.

Abba Arsénius et le vieux paysan savaient, que c’est la Sagesse, que nous cherchons ensemble, qui sera la plus authentique.

Les oblats apportent au monastère le don d’immersion dans une toute autre dimension de la vie, avec toutes ses idées, ses visions, ses problèmes complexes et nous demandent notre conscience, notre compréhension, notre aide et notre voix.
Les monastères apportent aux oblats l’expérience vécue et le réel témoignage d’une tradition spirituelle de longue date qui a résisté à l’épreuve du temps durant des siècles de défis, stabilisé toutes les couches de la population durant de graves dangers et orienté l’ensemble des chercheurs de spiritualité durant les périodes les plus sombres.

Au 5e siècle, quand l’Empire romain s’effondra et quand l’Europe tomba en ruine, les bénédictins furent là pour donner du sens spirituel, ainsi qu’une organisation sociale au peuple laissé sans repère politique, ni conseil spirituel.

C’est un cri qui nous est lancé, afin de continuer à apporter les valeurs bénédictines au cœur de chaque système.
Alors que la société mercantile émergeante commença à dévorer la vie des pauvres au nom d’un nouveau système économique qui déroba les pauvres de leur terre et ne les rétribua pas pour leur travail, les monastères éduquèrent ces pauvres afin de les préparer à faire le grand saut du servage à l’autonomie.

C’est un cri qui nous est lancé afin de participer au renouveau de nos propres sociétés, toujours capturées par le matérialisme qui vide l’esprit, et afin de nous engager également, à créer d’autres valeurs, plus profondes et durables.

Alors que la religion échoua elle-même et engendra la division des nations, plutôt que la paix, les bénédictins combattirent pour créer « une règle de guerre » et cherchèrent à apporter un discernement spirituel à la complexité des relations humaines.

Ce modèle est un cri qui nous est lancé, afin de percevoir le développement des valeurs bénédictines comme étant notre responsabilité sociale, et non pas comme une excuse afin de nous mettre à l’écart de la société au nom d’une fausse et infructueuse piété à la face de Jésus qui le dit clairement : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (Mt 7:16)

Alors que les industries familiales s’effondrèrent et les fermes familiales disparurent, alors que la nouvelle industrialisation mena les hommes dans les usines leur donnant de l’argent - mais rien aux femmes - les moniales ouvrirent des écoles pour filles et garçons, afin que les graines semées pour un monde égalitaire soit un jour non seulement possible, mais aussi impératif.
 Elles ont commencé également à pourvoir à l’éducation des femmes, à garder leurs enfants, à leur proposer des soins de santé ainsi que les conditions dont leurs vies dépendront dans les générations à venir.  (àsuivre)

Août 2018


Chères Oblates,

Voici la suite de l’intervention de Joan Chittister au Congrès des Oblats bénédictins à Rome en 2017 :


Les oblatures démontrent que la Dernière Cène de De Vinci, avec son « rien que des hommes », version apostolique et privatisée de la théologie eucharistique de Jésus, n’est pas représentative.
Mais ces oblatures démontrent clairement ce que dévoile la toile de Piasecki où des hommes, femmes et enfants mangent ensemble à la fête de la Pâque :
La table où Jésus nous appelle est une table d’hommes et de femmes, d’apôtres et de disciples, de jeunes et de moins jeunes, tous partageant le même pain, tous sont appelés à boire au même calice, tous participant au développement théologique de la toute première communauté chrétienne.
Elles nous rappellent les foules que Jésus a attirées autour de lui mais qui, au fil des siècles, sont devenues des pyramides « pieuses » conçues pour garder la plupart des gens à l’extérieur.

Les oblatures sont destinées à dissiper l’image d’exclusivité, qui fait de la spiritualité la compétence d’un club privé de cognoscenti, des gens spéciaux, d’un genre particulier, supposément érudits, spécialement reconnus, spécifiquement asexués, qui définissent ses limites et qui gardent les récompenses pour eux-mêmes.

En définitive, les oblatures sont vues comme des consommateurs de la tradition, mais aussi comme des témoins vivants de la tradition dans notre monde moderne, ce qui permet à ses oblats, mais aussi à la communauté religieuse elle-même de renforcer les dons des autres et en même temps d’apprendre de ces mêmes dons.

Abba Arsénius et le vieux paysan savaient, que c’est la Sagesse, que nous cherchons ensemble, qui sera la plus authentique.

Les oblats apportent au monastère le don d’immersion dans une toute autre dimension de la vie, avec toutes ses idées, ses visions, ses problèmes complexes et nous demandent notre conscience, notre compréhension, notre aide et notre voix.
Les monastères apportent aux oblats l’expérience vécue et le réel témoignage d’une tradition spirituelle de longue date qui a résisté à l’épreuve du temps durant des siècles de défis, stabilisé toutes les couches de la population durant de graves dangers et orienté l’ensemble des chercheurs de spiritualité durant les périodes les plus sombres.

Au 5e siècle, quand l’Empire romain s’effondra et quand l’Europe tomba en ruine, les bénédictins furent là pour donner du sens spirituel, ainsi qu’une organisation sociale au peuple laissé sans repère politique, ni conseil spirituel.

C’est un cri qui nous est lancé, afin de continuer à apporter les valeurs bénédictines au cœur de chaque système.
Alors que la société mercantile émergeante commença à dévorer la vie des pauvres au nom d’un nouveau système économique qui déroba les pauvres de leur terre et ne les rétribua pas pour leur travail, les monastères éduquèrent ces pauvres afin de les préparer à faire le grand saut du servage à l’autonomie.

C’est un cri qui nous est lancé afin de participer au renouveau de nos propres sociétés, toujours capturées par le matérialisme qui vide l’esprit, et afin de nous engager également, à créer d’autres valeurs, plus profondes et durables.

Alors que la religion échoua elle-même et engendra la division des nations, plutôt que la paix, les bénédictins combattirent pour créer « une règle de guerre » et cherchèrent à apporter un discernement spirituel à la complexité des relations humaines.

Ce modèle est un cri qui nous est lancé, afin de percevoir le développement des valeurs bénédictines comme étant notre responsabilité sociale, et non pas comme une excuse afin de nous mettre à l’écart de la société au nom d’une fausse et infructueuse piété à la face de Jésus qui le dit clairement : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (Mt 7:16)

Alors que les industries familiales s’effondrèrent et les fermes familiales disparurent, alors que la nouvelle industrialisation mena les hommes dans les usines leur donnant de l’argent - mais rien aux femmes - les moniales ouvrirent des écoles pour filles et garçons, afin que les graines semées pour un monde égalitaire soit un jour non seulement possible, mais aussi impératif.
Elles ont commencé également à pourvoir à l’éducation des femmes, à garder leurs enfants, à leur proposer des soins de santé ainsi que les conditions dont leurs vies dépendront dans les générations à venir. (àsuivre)