Lettre aux oblats

Octobre  2018


Chères  Oblates,

Voici la suite de l’intervention de Joan Chittister au Congrès des Oblats bénédictins à Rome en  2017 :

Les  femmes et les hommes oblats  qui renouvellent le monde avec le message du Christ ont besoin que les monastères les aident à avoir « un cœur monastique » dans ce monde de chaos. Ils ont besoin par-dessus tout, de l’opportunité d’avoir un parcours de foi qui est régulier, profond et éprouvé... Et ils ont besoin de quelqu’un qui les accompagne dans ce parcours, pour leur enseigner la manière, leur montrer le chemin, pour guider leurs pas, pour applaudir les efforts. Ils ont besoin de quelqu’un qui fait le chemin avec eux.

Les oblatures  peuvent  permettre d’étendre le rayonnement et la profondeur de la vie spirituelle du monastère auquel elles appartiennent. Elles sont  le soutien de ce monastère.

Elles sont aussi l’espoir, que dans ce siècle, la vie et les valeurs de la spiritualités  bénédictine,  peuvent renaître encore, à nouveau et pour toujours.

Et par-dessus tout, si nos oblatures doivent être authentiques, qu’il y ait des oblats qui rayonnent ces valeurs par-delà les murs du monastère, dans les lieux de travail, à l’hôtel de ville, à la mairie et au congrès, dans les sièges sociaux d’entreprises, les hôpitaux et les maisons de retraites,  dans les rues de la ville, étant malades ou en bonne santé…. et même, pourquoi pas, à l’intérieur des monastères eux-mêmes ... !

Si nos oblatures doivent être authentiques, qu’il y ait des oblats  qui détiennent le charisme de paix de St. Benoît de Nursie qui a baissé les armes afin de se battre pour le Christ Roi.

Dans ce monde des plus sexiste où, jusqu’à ce jour, des femmes sont violées, battues, achetées et vendues à travers le monde, abandonnées au veuvage et sans ressources adéquates, presque absentes  des grandes assemblées, lieux de décisions de notre monde, tant à l’Eglise qu’à l’Etat,   qu’il y ait des oblats inspirés par la spiritualité bénédictine des grandes figures d’hommes et de femmes des siècles passés qui n’ont pas eu peur d’appeler à la conscience  et la responsabilité de l’Église et de l’État.

La spritualité bénédictine nous invite à un voyage dans les profondeurs des choses et requiert une vie contemplative, une réelle vie de prières.Les oblatures ne sont pas censées être de pieux ajouts à un chapelet de dévotion personnel !
Toutes les familles bénédictines, (y compris les oblat(e)s), se tiennent sur « le sommet de la montagne de la prière », immergées dans les cris du psalmiste, défiées quotidiennement par les prophètes, touchées au plus profond d’elles par les demandes de l’Evangile,
et appelées par Jésus, Libérateur, Rédempteur, Guérisseur, l’Amour incarné :
« Venez, suivez-moi » !                                (à suivre)


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Marie, étoile du matin

Marie est la noble étoile levée sur Jacob et dont la splendeur illumine l’univers entier ;
 elle brille aux Cieux et pénètre jusqu’aux abîmes.
Elle luit sur la terre, réchauffe les cœurs.
Apparaissant au-dessus de cette mer vaste et spacieuse,
elle brille par ses mérites  et éclaire par ses exemples.

Ô vous, qui que vous soyez, qui vous sentez, ici-bas ballotté au milieu des orages
et des tempêtes, plutôt que solidement sur terre ferme,
ne détournez pas vos yeux des rayons de cet astre, si vous ne voulez pas être submergé.
Si le vent des tentations se  lève, si le récif des tribulations se dresse,
regardez l’étoile, et invoquez Marie !
Si vous êtes secoué par les flots de l’orgueil, de l’ambition, de la médisance, de la jalousie,
regardez Marie, invoquez Marie !
Si vous êtes troublé sous l’énormité de vos crimes, humilié sous les hontes de votre conscience,
effrayé des sévérités du Jugement,
si vous tournoyez déjà au-dessus du gouffre de la tristesse et du désespoir,
criez vers Marie, regardez Marie !

Pensez à Marie dans vos périls, vos angoisses, vos incertitudes.
Que son nom ne quitte pas vos lèvres, ni son souvenir votre cœur !
En la priant, vous n’aurez pas sujet de  désespérer.
Si elle vous tient, vous ne tomberez pas ;
ne craignez rien si elle vous couvre de sa protection, sa conduite vous mènera au port.

(St. Bernard, 2ème homélie sur Super Missus est n° 17)