Lettre aux oblats

                                     Janvier 2019
 





Ant : L’ange Gabriel fut envoyé de Dieu en la ville de Nazareth, à la Vierge Marie, accordée en mariage à Joseph, & il lui dit : Le Saint-Esprit surviendra en toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi le fruit saint qui naîtra de toi, sera appelé  Fils de Dieu. Alors Marie dit à l’ange : Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole ! Alléluia.
(cf. Luc 1, 26-27, 35, 39)

 « Missus est »            
Méditation de Soeur Anne-Sophie, notre Prieure Générale, à l’occasion de Noël
        Marie représente le commencement de la Nouvelle Alliance.
Marie n’est même pas encore unie à Joseph et voici qu’elle va concevoir sous l’action de l’Esprit Saint, sans aucune médiation humaine. Avant elle, jamais une femme n’a connu pareille promesse : «  L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » La Nouvelle Alliance est plus que la révélation de la puissance de Dieu telle que nous la voyons dans l’ancien Testament. Elle nous dit que le Père va nous donner son Fils engendré de l’amour et la communion de l’Esprit.
Dans la Bible, Dieu montre une préférence marquée pour les pauvres, les petits, les enfants. Quant aux autres, il ne leur reste qu’une possibilité s’ils veulent entrer dans la joie et l’amour : descendre au fond de leur propre pauvreté.
Marie a compris la raison pour laquelle Dieu la choisie. Non parce qu’elle est vierge, sainte, pure. Si Dieu l’a choisie, c’est à cause de sa petitesse, de son humilité. C’est par cela que Dieu a été séduit. Saint Bernard a osé l’affirmer dans un sermon très connu (Miss. 1, 5) que ce ne fut pas la virginité de Marie qui plut à Dieu, mais son humilité car, dit-il mieux vaut être une humble pécheresse qu’une vierge orgueilleuse.
La Vierge fait partie de ces enfants auxquels appartient le Royaume des Cieux. Elle est d’une petitesse extraordinaire, elle que Dieu a placé au-dessus des anges. C’est cette petitesse, cette humilité qui a fasciné le cœur de Dieu. « Il a posé son regard sur son humble servante » comme l’exprime Marie dans son Magnificat.
Dans un sermon pour la Vigile de Noël (1, 5), saint Bernard pose la question : « Qu’est-ce-que Jésus est venu chercher ici-bas ? Tout ce qu’il pouvait désirer, les cieux le lui fournissaient dans une surabondance perpétuelle. Mais c’est la pauvreté qui ne s’y trouvait pas. Or sur la terre, cette denrée abondait et surabondait sans que l’homme en sache le prix. C’est parce qu’il la convoitait que le Fils de Dieu est descendu. »
Et saint Bernard continue en disant : « Alors, frères et sœurs, que pouvons-nous offrir à Dieu ? Nos vertus ? Nous les lui devons et, de toute façon, il n’en a guère besoin. Que pouvons-nous lui offrir qui soit vraiment nous-mêmes ? L’humble acceptation de notre pauvreté ! Accepter de toucher le fond de notre faiblesse et nous tourner vers Dieu avec confiance, voilà le plus beau et le plus vrai cadeau que nous pouvons lui faire. C’est ce cadeau-là qui le séduit de toute éternité. C’est cela que Marie nous apprend. »
“Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage,
qu’il te prenne en grâce !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage,
qu’il t’apporte la paix !”   (Nb 6, 24-26)