Union de Jésus Crucifié

Mai -Juin

Chers Amis,

Bientôt, le Temps Pascal s’achèvera et nous recommencerons le Temps qui s’appelle ‘Ordinaire’. Cependant, si nous regardons le calendrier liturgique qui nous donne  les messes de toute l’année,  où même dans nos agendas, nous constatons que, au moins pendant  le mois de juin, il n’y a rien d’ordinaire – au sens habituel de ce mot – au début de ce Temps ! En fait, le Temps Ordinaire commence après le Temps de Noël mais, après quelques semaines, il y a trois mois pour le Carême et le Temps Pascal.

Le dimanche après la Pentecôte, le 16 juin cette année, nous célébrerons la Sainte Trinité, puis le 24, ce sera la Nativité de Saint Jean Baptiste. Très vite après cela vient le Sacré-Cœur de Jésus, le 28 juin, et le 29, il y a Saint Pierre et Saint Paul. Toutes ces grandes fêtes sont des Solennités comme vous savez.

Pour la Solennité du Sacré-Cœur  nous lisons dans nos missels ce qui suit : « Il n’y a pas de plus grand amour, dit Jésus, que de
donner sa vie pour ses amis ». Aussi les premières générations chrétiennes ont-elles beaucoup médité sur la parabole du berger qui donne sa vie pour ses brebis. En se présentant comme le bon Pasteur, Jésus avait voulu révéler à la foule qui l’écoutait « les pensées du cœur de Dieu », son dessein de miséricorde. Un  jour viendrait où une autre image frapperait davantage encore les esprits, celle du côté ouvert de Jésus en croix : expression du plus haut amour, le côté transpercé de Jésus, d’où jaillirent l’eau et le sang, est aussi le signe de la fécondité de son sacrifice, car il est  la source d’où sont nés les sacrements de l’Eglise. Au cours des derniers siècles, par-delà le côté ouvert, c’est au Cœur de Jésus lui-même que devait s’attacher la contemplation des chrétiens, comme au symbole « des merveilles de l’amour de Dieu pour nous ».

En contemplant le Cœur du Christ, les uns peuvent entendre avant tout un appel à la réparation pour les péchés des hommes. D’autres viendront « puiser la joie aux sources vives du salut ». D’autres enfin, les yeux « fixés sur Jésus », se laisseront instruire par lui pour apprendre à le « reconnaître dans leurs frères ».

Cette année, Année C, l’Eglise nous donne pour la fête, l’Evangile de la parabole du bon berger. Voici une homélie de Saint Ambroise pour cette fête

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Viens chercher la brebis perdue
    

  Le Seigneur Jésus lui-même, dans son Evangile, a déclaré que le berger avait abandonné quatre-vingt-dix-neuf brebis pour chercher la seule  qui se soit perdue. La brebis dont on signale le vagabondage est donc la centième. La perfection et la plénitude signifiée par ce chiffre est instructive. Ce n’est pas sans raison que cette brebis est préférée aux autres, parce qu’il est plus difficile de se détourner du vice que de l’avoir presque entièrement ignoré. En effet, quand des âmes sont imprégnées par des vices, leur guérison, leur délivrance de la tyrannie des convoitises, exige non seulement une vertu accomplie, mais encore une grâce céleste. Se corriger dans l’avenir demande une vigilance humaine, mais pardonner les péchés passés est réservé à la puissance divine.
     Quand le berger a enfin trouvé sa brebis, il la prend sur ses épaules. Vous reconnaissez là le mystère : comment la brebis épuisée retrouve ses forces. La nature humaine, quand elle est épuisée, ne peut se rétablir que par le sacrement de la passion du Seigneur et du sang de Jésus Christ, car l’insigne du pouvoir est sur ses épaules (Isaïe 9,6). C’est sur la croix, en effet, qu’il a porté nos faiblesses, afin d’y anéantir tous nos pêchés. Les anges ont raison de se réjouir, parce que celui qui s’était égaré désormais ne s’égare plus, il a oublié maintenant son égarement.
     Je m’égare, brebis perdue : viens chercher ton serviteur. Je n’oublie pas tes volontés  (Ps.118, 176)… Viens chercher ton serviteur, parce que le berger doit rechercher la brebis égarée pour la préserver de la mort. Celui qui s’est égaré peut être ramené sur la route.
     Viens, berger, à la recherche de tes brebis, comme Joseph. Ta brebis s’est égarée, pendant que tu tardais en demeurant dans la montagne. Laisse là les quatre-vingt-dix-neuf brebis et va chercher la seule qui se soit égarée. Viens, non avec le bâton, mais avec charité, et dans un esprit de douceur.
     Cherche-moi, parce que je te recherche. Cherche-moi, accueille-moi, porte-moi. Viens donc, Seigneur, car, si je me suis égaré, cependant je n’oublie pas tes volontés, je garde l’espérance de guérir. Viens, Seigneur, parce que tu es le seul qui puisse ramener la brebis errante. Et ceux que tu abandonneras ne seront pas attristés, car eux aussi se réjouiront de voir le retour des pécheurs. Viens, pour apporter sur la terre le salut, et dans le ciel la joie… Accueille-moi, dans cette chair qui est tombée en la personne d’Adam. Accueille-moi comme un fils, non de Sara, mais de Marie, la vierge très pure, la vierge préservée par la grâce de toute souillure du péché. Porte-moi sur la croix salutaire aux égarés, seule capable de rendre des forces à ceux qui sont fatigués, et qui seule donne la vie à ceux qui meurent.

                                                      Homélie de Saint Ambroise  (+497)
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Votre prière est demandée pour :
Notre chère Sœur Marie-Camille qui nous a quittés le 10 avril 2019 ici au Monastère Saint Joseph à l’âge de 98 ans et dans la 75ième année  de sa Profession. Elle était la nièce de notre Père Fondateur.

Et pour Sœur Anita Isidore, qui est décédée à l’âge de 81 ans, un membre de la Communauté de la Croix Glorieuse en Amérique mais dans une Maison de Retraite