Réfléchir

Des textes pour approfondir notre foi …

 

Au centre : le Christ ! Il se relève.

Il danse de joie.

Il rayonne.

 

Par lui, à travers ses bras étendus - récemment sur la croix, maintenant en geste d’accueil - passe la Bénédiction créatrice et vivifiante du Père, transformant l’instrument de supplice, la croix, en arbre de vie aux bourgeons démesurés, prégnants d’espoir et de vie nouvelle.

 

Le serpent terrifiant et mortifère du Paradis a été changé en serpent de bronze (cf Nb 21 ; Jn 3,14) qui guérit tous ceux qui le regardent.

 

Le sol est imprégné du sang de l’homme-Dieu donnant sa vie par amour, pour nous tous – le sang qui est sève de vie et qui en même temps signifie le feu de l’Esprit.

 

Les eaux menaçantes des forces du mal ont dû se retirer devant ce nouveau monde en train de naître, en travail, toujours et toujours, jusqu’à la fin de ce monde et la naissance du Règne de Dieu.

 

 

Union de Jésus Crucifié            Janvier-Avrir 2018                                                                      

(1) Janvier-Février 2018
Chers Amis,

Il n’y a pas longtemps nous avons célébré le très riche Temps liturgique de Noël. Cependant, peu de temps après il y a une fête qui fait partie des évènements concernant les prescriptions de la Loi de Moïse : la présentation au Temple des enfants mâles  premiers- nés. Dans l’ordre liturgique, la  fête de la Présentation a lieu après les Solennités de Marie Mère de Dieu et l’Epiphanie du Seigneur. Il n’est pas possible d’établir exactement à quel moment les Mages arrivèrent à Bethléem, mais puisque la Sainte Famille a fui en Egypte immédiatement après, cela a dû être après la Présentation.

Nous vous proposons de regarder de plus près cette fête de la Présentation du Seigneur au Temple.

Jadis, cette grande fête était connue aussi sous le nom de « Chandeleur » parce que, en entrant dans l’Eglise pour célébrer la messe, les fidèles portaient, chacun, un cierge allumé, ce que nous faisons toujours. Avant d’être appelée la « Présentation », la fête était intitulée la « Purification » car, après la naissance d’un premier enfant mâle, les femmes, selon la Loi de Moïse, étaient obligées d’aller au Temple, ou à un autre sanctuaire, présenter leur enfant au Seigneur pour qu’il Lui soit consacré, et aussi offrir un sacrifice et être purifiées. Dans le récit de la Présentation dans l’Evangile selon saint Luc, il est dit que Marie et Joseph ont apporté l’offrande des pauvres c’est-à-dire : un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes pour les offrir en sacrifice.
Nous pouvons en trouver les détails dans les livres du Lévitique 12, 2-6 et de l’Exode 13, 2 et 13, 11 et suivants.  
Dans le Livre de l’Exode, nous lisons comment la « Gloire » du Seigneur est sortie d’Egypte avec son Peuple et l’accompagnait dans la nuée tout au long de leur chemin.

Puis, dans le Livre des Rois, nous apprenons que le Roi Salomon a bâti un Temple pour le Seigneur dans lequel résidera l’Arche de l’Alliance qui, jusqu’alors, était toujours sous l’abri d’une tente. Le jour de la Dédicace de ce Temple nous lisons : « Quand les prêtres sortirent du sanctuaire, la nuée remplit le Temple du Seigneur… et la gloire du Seigneur remplissait le Temple ». Ceci nous dit que Dieu arrive pour demeurer dans la maison bâtie pour lui. Au temps du prophète Ezéchiel, à cause des péchés et des infidélités du peuple, il voit dans une vision la gloire du Seigneur quittant le Temple. Plus tard, dans une autre vision, Ezéchiel décrit le retour de la gloire du Seigneur dans l’avenir. Il y a aussi la prophétie de Malachie que nous trouvons comme première lecture de la messe :
« …et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. » Et puis, dans le psaume responsorial : « Portes, levez vos frontons !/ élevez-vous, portes éternelles:/ qu’il entre, le Roi de Gloire ! »

Quand Siméon prend l’enfant Jésus dans ses bras, il reconnaît en lui la gloire du peuple d’Israël qui est revenue dans son Temple, la lumière qui se révèle aux nations.

Parmi les belles antiennes des Offices de la fête de la Présentation, il y en a une par exemple : « Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. »
 Après avoir regardé l’arrière -fond de cette très belle fête, nous allons maintenant essayer d’approfondir sa signification en méditant le texte suivant d’un sermon de Saint Sophrone de Jérusalem que l’Eglise nous propose dans l’Office des Lectures le jour de la Présentation

Allons à la rencontre du Christ, nous tous qui honorons et vénérons son mystère avec tant de ferveur, avançons vers lui dans l’enthousiasme. Que tous sans exception participent à cette rencontre, que tous sans exception  y portent leurs lumières.
Si nos cierges procurent un tel éclat, c’est d’abord pour montrer la splendeur divine de celui qui vient, qui fait resplendir l’univers et l’inonde d’une lumière éternelle en repoussant les ténèbres mauvaises ; c’est aussi et surtout pour manifester avec quelle splendeur de notre âme, nous-mêmes devons aller à la rencontre du Christ   .
De même, en effet, que la Mère de Dieu, la Vierge très pure, a porté dans ses bras la véritable lumière à la rencontre de ceux qui gisaient dans les ténèbres ; de même nous, illuminés par ses rayons et tenant en main une lumière visible pour tous, hâtons-nous vers celui qui est vraiment la lumière.
C’est évident : puisque “ la lumière est venue dans le monde” et l’a illuminé alors qu’il baignait dans les ténèbres, puisque “ le Soleil levant qui vient d’en - haut nous a visité ”, ce mystère est le nôtre. C’est pour cela que nous avançons en tenant des cierges, c’est pour cela que nous accourons en portant des lumières, afin d’évoquer la splendeur que cette lumière nous donnera. Courons donc ensemble, allons tous à la rencontre de Dieu. Cette lumière véritable,  “qui éclaire tout homme venant en monde ”, voici qu’elle vient. Soyons-en tous illuminés, mes frères, soyons-en tous resplendissants.

 Que nul d’entre nous ne demeure à l’écart de cette lumière, comme un étranger ; que nul, alors qu’il en est inondé, ne s’obstine à rester plongé dans la nuit. Avançons tous dans la lumière, tous ensemble, illuminés, marchons à sa rencontre, avec le vieillard Siméon, accueillons cette lumière glorieuse et éternelle. Avec lui, exultons de tout notre cœur et chantons une hymne d’action de grâce à Dieu, Père de la lumière, qui nous a envoyé la clarté véritable pour chasser les ténèbres et nous rendre resplendissants.  
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Beaucoup parmi vous seront privés d’assister à cette très belle fête car elle tombe un vendredi, mais nous espérons, et prions,       qu’il sera possible de la célébrer dans vos cœurs.

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Dans les premières heures du 27 décembre, la fête de saint Jean, nous avons perdu encore un autre membre de la Congrégation et de notre communauté ici à Brou. Nous recommandons à votre prière notre Sœur Claire, décédée à l’âge de 68 ans. Elle etait revenue à Brou en 2016 quand le Monastère de Saint Jacques a été fermé.


(2) Mars-Avril 2018

Chers Amis,
Le 11 avril 2015, le Pape François signait le Document instituant l’Année Jubilaire de la Miséricorde.
Avant d’en relire de courts extraits, et pendant ce temps de grâce qu’est le Carême, souvenons-nous que nous avons tous et toujours besoin de contempler, pour essayer de mieux en vivre, ce grand mystère de la Miséricorde.
"Dieu est riche en Miséricorde"
La Miséricorde, c’est l’acte ultime  et suprême par lequel Dieu vient à la rencontre des pécheurs, à notre rencontre, pour manifester et communiquer son amour.
Expérience du cœur humain aussi à travers laquelle nous pouvons comprendre quelque chose du cœur de Dieu.
Comme son nom l’indique, la Miséricorde est la disposition d’un cœur ouvert à la misère d’autrui : "Qu’est la Miséricorde, sinon une compassion de notre cœur pour autrui, qui nous pousse à le secourir si nous le pouvons" (St Augustin : Cité de Dieu, 9, 5)
Si nous ouvrons la Bible, la Miséricorde apparaît déjà comme un attribut de Dieu dans la révélation à Moïse. C’est sous les traits de la Miséricorde que Dieu se fait connaître à l’homme.
Cette Miséricorde de Dieu, révélée à Moïse et expérimentée tout au long de son histoire et de celle de son peuple, nous est pleinement manifestée dans le CHRIST, qui s’est fait "obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur une Croix" (Phil. 2,8).
La Miséricorde du Christ est en continuité avec la Miséricorde du Père, qu’elle rend visible  dans le monde.
Si nous revenons à l’année jubilaire de 2015, nous voyons que le Pape avait souhaité qu’elle soit vécue à la lumière de la Parole du Seigneur tirée de l’Évangile de Luc (6,36) : "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux". C’est un programme de vie aussi exigeant que riche de joie et de paix, a-t-il écrit. Ne serait-il pas opportun, 3 ans après, de reprendre cette invitation : vivre et annoncer à notre manière, là où nous sommes : "Heureux les miséricordieux" !
En ces jours où nous nous préparons à rejoindre le Christ dans son chemin pascal, prions Dieu d’élargir notre capacité d’aimer, afin qu’il puisse y déverser son propre amour et nous amener à en vivre.
 
"L’Église a pour mission d’annoncer la Miséricorde de Dieu, cœur battant de l’Évangile, qu’elle doit faire parvenir au cœur et à l’esprit de tous".
"Dans la Miséricorde, nous avons la preuve de la façon dont Dieu aime".
"Que puisse parvenir à tous la parole de pardon, et que l’invitation à faire l’expérience de la Miséricorde, ne laisse personne indifférent."

De Saint Grégoire de Nazianze

    SERVIR LE CHRIST DANS LES PAUVRES

          Heureux les miséricordieux, dit le Seigneur : ils obtiendront miséricorde !  La miséricorde n’est pas la moindre des béatitudes ! et encore : Heureux qui comprend le pauvre et le faible. . .
          La nuit elle-même ne doit pas arrêter ta miséricorde. Ne dis pas : Reviens demain : reviens demain matin et je te donnerai. Qu’il n’y ait pas d’intervalle entre le premier mouvement et le bienfait. La bienfaisance seule n’admet pas de délai. Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, et fais-le de bon cœur. Celui qui exerce la miséricorde, dit saint Paul, qu’il le fasse avec joie. Ton mérite est doublé par ta promptitude. Le don fait avec chagrin et par contrainte n’a ni grâce ni éclat. C’est avec  un cœur en fête, non en se lamentant, qu’il faut faire le bien.
          Si tu fais disparaître le joug, le geste de menace, dit le Pro-phète, c’est-à-dire si tu abandonnes l’avarice, la méfiance, si tu cesses d’hésiter et de grogner, qu’arrivera-t-il ? Quelque chose de grand et d’étonnant, une magnifique récompense : Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront rapidement. Et y a-t-il quelqu’un qui ne désire la lumière et la guérison ?
          C’est pourquoi, si vous voulez bien m’en croire, serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers, tant que nous en avons l’occasion, visitons le Christ, nourrissons le Christ, habillons le Christ, recueillons le Christ, honorons le Christ. Non seulement en l’invitant à table comme quelques-uns l’ont fait, ou en le couvrant de parfums, comme Marie-Madeleine, ou en partici-pant à sa sépulture comme Nicodème, qui n’était qu’à moitié l’ami du Christ. Ni enfin avec l’or, l’encens et la myrrhe, comme les mages l’ont fait avant tous ceux que nous venons de citer.
Le Seigneur  de l’univers veut la miséricorde et non le Sacrifice, et notre compassion plutôt que des milliers d’agneaux engraissés. Présentons-lui donc notre miséricorde par les mains de ces malheureux aujourd’hui gisant sur le sol, afin que, le jour où nous partirons d’ici, ils nous introduisent  aux demeures éternelles, dans le Christ lui-même, notre Seigneur, à qui appartient la gloire pour les siècles. Amen.

 Homélie 14 sur l’amour des pauvres

Le 22 janvier, nous avons perdu de nouveau une de nos Sœurs, de nationalité espagnole : Sœur Marie-Victoria était âgée de 89 ans. Elle était depuis quelque temps dans une maison de retraite. Nous la confions à votre prière.

Lettre aux oblats

 

Avril  2018


Chères Sœurs et Frères
Voici la suite de l’intervention de Joan Chittister, o.s.b.  au Congrès International   des Oblats Bénédictins à Rome en 2017.
    
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La seconde histoire vient de « The Tales of the Hasidim » :

Un chercheur de spiritualité faisait des kilomètres chaque semaine afin d’apprendre du Saint qui vivait de l’autre côté de la montagne.

  « Que prêche le Saint ? » lui demandèrent des amis. « Qu’est-ce qui expliquerait pourquoi               tu voyages autant et de manière si pénible si souvent ? ».
  « Prêcher ? Pourquoi ? Le Saint ne prêche jamais rien du tout » dit le chercheur.
  «Eh bien alors, quels rituels exécutés par le Saint sont si importants pour ton âme? »       demandèrent les amis.
    Et le chercheur répondit : « Le Saint n’exécute aucun rituel ou quoi que ce soit d’autre ».
    Les amis insistèrent : « Quelles potions reçois-tu, qui semble te rendre la vie plus sainte ?
    Et le chercheur répondit : « Il ne me donne aucune potion que ce soit ».
   « Mais si le Saint ne prêche pas, si le Saint ne fait pas de rituels et si le Saint
    ne te remet  pas de potions, pourquoi vas-tu là-bas ? »
    Et le chercheur dit : « Pour regarder le Saint construire le feu ».

Ce chercheur sait ce que chaque véritable chercheur spirituel sait : Il existe des vérités spirituelles que nous ne comprenons qu’en les voyant chez quelqu’un d’autre, uniquement en faisant ce que d’autres ont fait en empruntant un chemin qu’ils ont déjà emprunté et dont ils connaissent la valeur. C’est ce qui nous lie à la sainte tradition qui nous garde sur le chemin.


Et pour terminer, les Maîtres Zen racontent l’histoire du moine Tetsugen, dont le but dans la vie était d’imprimer 7000 copies des Soûtras de Bouddha en japonais sur des tablettes de bois, qui n’étaient jusqu’alors uniquement disponibles qu’en  chinois. C’était un travail incroyable.

Tetsugen a traversé le Japon en long et en large afin de récolter des fonds pour ce projet. Mais après de longues années à mendier, alors qu’il venait de récolter la dernière pièce, la rivière Uji déborda et des milliers de personnes se retrouvèrent sans toit. Tetsugen dépensa alors tout l’argent qu’il avait récolté pour les écritures en japonais afin d’aider les sans-abris et recommença à récolter de l’argent.

Mais l’année même où il réussit à récolter les fonds pour la seconde fois, une épidémie s’abattis sur le pays. Cette fois, Tetsugen donna l’argent afin d’aider les souffrants.

Finalement, une fois de plus, il se mit en route pour une nouvelle quête de fonds et,
20 années plus tard, pièce par pièce, il récolta suffisamment d’argent afin de réaliser son rêve : les écritures pourront finalement être imprimées en japonais.
De nos jours, ces impressions de la première édition des Soûtras bouddhistes en japonais sur des tablettes en bois sont exposées au monastère Obaku à Kyoto. Mais les Japonais racontent à leurs enfants que Tetsugen a en fait produire trois éditions des Soûtras et que les deux premières éditions, « prendre soin des sans-abris » et « le confort des souffrants », sont invisibles, mais bien plus importants que la troisième édition.
Les Maîtres Zen savent très bien ce que nous savons : témoigner -pas des paroles- est la mesure de la spiritualité à laquelle nous prétendons. Ce que nous faisons, grâce à ce en quoi nous disons croire, est la réelle marque d’une véritable spiritualité.
Du Maître du désert qui écoute le profane, au chercheur qui reconnaît le caractère sacré de la vie dans les actes de foi du Saint dans sa vie de tous les jours, à Tetsugen qui savait qu’aucun ouvrage  de traitant de spiritualité ne pouvait égaler un acte spirituel, le lien entre un profond développement spirituel et une vie spirituelle inspirante a été constant.
Les Anciens sont sans équivoque : Il existe un lien commun entre les porteurs de grandes traditions spirituelles et les chercheurs de vie spirituelle à toute époque. L’un éclaire l’autre, l’un dynamise l’autre, l’un donne du pouvoir l’autre.
Bien sûr, la tradition éclaire les temps, mais des chercheurs redynamisent une tradition, également.
Une remarque : les moniales bénédictines et les oblats engagés ont besoin les uns des autres.  
Les questions sont simples :
Pourquoi existez-vous en tant qu’oblat ?
D’où venez-vous ?
Qui êtes-vous dans cette grande histoire bénédictine ?
Que devez-vous faire pour que le charisme prenne son essort ?     (à suivre)



Il est vivant !     Alleluia !




Bon Temps pascal
dans la joie du
Ressuscité !

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