Réfléchir

Des textes pour approfondir notre foi …

 

Au centre : le Christ ! Il se relève.

Il danse de joie.

Il rayonne.

 

Par lui, à travers ses bras étendus - récemment sur la croix, maintenant en geste d’accueil - passe la Bénédiction créatrice et vivifiante du Père, transformant l’instrument de supplice, la croix, en arbre de vie aux bourgeons démesurés, prégnants d’espoir et de vie nouvelle.

 

Le serpent terrifiant et mortifère du Paradis a été changé en serpent de bronze (cf Nb 21 ; Jn 3,14) qui guérit tous ceux qui le regardent.

 

Le sol est imprégné du sang de l’homme-Dieu donnant sa vie par amour, pour nous tous – le sang qui est sève de vie et qui en même temps signifie le feu de l’Esprit.

 

Les eaux menaçantes des forces du mal ont dû se retirer devant ce nouveau monde en train de naître, en travail, toujours et toujours, jusqu’à la fin de ce monde et la naissance du Règne de Dieu.

 

 

Union de Jésus Crucifié

Mai -Juin

Chers Amis,

Bientôt, le Temps Pascal s’achèvera et nous recommencerons le Temps qui s’appelle ‘Ordinaire’. Cependant, si nous regardons le calendrier liturgique qui nous donne  les messes de toute l’année,  où même dans nos agendas, nous constatons que, au moins pendant  le mois de juin, il n’y a rien d’ordinaire – au sens habituel de ce mot – au début de ce Temps ! En fait, le Temps Ordinaire commence après le Temps de Noël mais, après quelques semaines, il y a trois mois pour le Carême et le Temps Pascal.

Le dimanche après la Pentecôte, le 16 juin cette année, nous célébrerons la Sainte Trinité, puis le 24, ce sera la Nativité de Saint Jean Baptiste. Très vite après cela vient le Sacré-Cœur de Jésus, le 28 juin, et le 29, il y a Saint Pierre et Saint Paul. Toutes ces grandes fêtes sont des Solennités comme vous savez.

Pour la Solennité du Sacré-Cœur  nous lisons dans nos missels ce qui suit : « Il n’y a pas de plus grand amour, dit Jésus, que de
donner sa vie pour ses amis ». Aussi les premières générations chrétiennes ont-elles beaucoup médité sur la parabole du berger qui donne sa vie pour ses brebis. En se présentant comme le bon Pasteur, Jésus avait voulu révéler à la foule qui l’écoutait « les pensées du cœur de Dieu », son dessein de miséricorde. Un  jour viendrait où une autre image frapperait davantage encore les esprits, celle du côté ouvert de Jésus en croix : expression du plus haut amour, le côté transpercé de Jésus, d’où jaillirent l’eau et le sang, est aussi le signe de la fécondité de son sacrifice, car il est  la source d’où sont nés les sacrements de l’Eglise. Au cours des derniers siècles, par-delà le côté ouvert, c’est au Cœur de Jésus lui-même que devait s’attacher la contemplation des chrétiens, comme au symbole « des merveilles de l’amour de Dieu pour nous ».

En contemplant le Cœur du Christ, les uns peuvent entendre avant tout un appel à la réparation pour les péchés des hommes. D’autres viendront « puiser la joie aux sources vives du salut ». D’autres enfin, les yeux « fixés sur Jésus », se laisseront instruire par lui pour apprendre à le « reconnaître dans leurs frères ».

Cette année, Année C, l’Eglise nous donne pour la fête, l’Evangile de la parabole du bon berger. Voici une homélie de Saint Ambroise pour cette fête

* * * * * * *

Viens chercher la brebis perdue
    

  Le Seigneur Jésus lui-même, dans son Evangile, a déclaré que le berger avait abandonné quatre-vingt-dix-neuf brebis pour chercher la seule  qui se soit perdue. La brebis dont on signale le vagabondage est donc la centième. La perfection et la plénitude signifiée par ce chiffre est instructive. Ce n’est pas sans raison que cette brebis est préférée aux autres, parce qu’il est plus difficile de se détourner du vice que de l’avoir presque entièrement ignoré. En effet, quand des âmes sont imprégnées par des vices, leur guérison, leur délivrance de la tyrannie des convoitises, exige non seulement une vertu accomplie, mais encore une grâce céleste. Se corriger dans l’avenir demande une vigilance humaine, mais pardonner les péchés passés est réservé à la puissance divine.
     Quand le berger a enfin trouvé sa brebis, il la prend sur ses épaules. Vous reconnaissez là le mystère : comment la brebis épuisée retrouve ses forces. La nature humaine, quand elle est épuisée, ne peut se rétablir que par le sacrement de la passion du Seigneur et du sang de Jésus Christ, car l’insigne du pouvoir est sur ses épaules (Isaïe 9,6). C’est sur la croix, en effet, qu’il a porté nos faiblesses, afin d’y anéantir tous nos pêchés. Les anges ont raison de se réjouir, parce que celui qui s’était égaré désormais ne s’égare plus, il a oublié maintenant son égarement.
     Je m’égare, brebis perdue : viens chercher ton serviteur. Je n’oublie pas tes volontés  (Ps.118, 176)… Viens chercher ton serviteur, parce que le berger doit rechercher la brebis égarée pour la préserver de la mort. Celui qui s’est égaré peut être ramené sur la route.
     Viens, berger, à la recherche de tes brebis, comme Joseph. Ta brebis s’est égarée, pendant que tu tardais en demeurant dans la montagne. Laisse là les quatre-vingt-dix-neuf brebis et va chercher la seule qui se soit égarée. Viens, non avec le bâton, mais avec charité, et dans un esprit de douceur.
     Cherche-moi, parce que je te recherche. Cherche-moi, accueille-moi, porte-moi. Viens donc, Seigneur, car, si je me suis égaré, cependant je n’oublie pas tes volontés, je garde l’espérance de guérir. Viens, Seigneur, parce que tu es le seul qui puisse ramener la brebis errante. Et ceux que tu abandonneras ne seront pas attristés, car eux aussi se réjouiront de voir le retour des pécheurs. Viens, pour apporter sur la terre le salut, et dans le ciel la joie… Accueille-moi, dans cette chair qui est tombée en la personne d’Adam. Accueille-moi comme un fils, non de Sara, mais de Marie, la vierge très pure, la vierge préservée par la grâce de toute souillure du péché. Porte-moi sur la croix salutaire aux égarés, seule capable de rendre des forces à ceux qui sont fatigués, et qui seule donne la vie à ceux qui meurent.

                                                      Homélie de Saint Ambroise  (+497)
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Votre prière est demandée pour :
Notre chère Sœur Marie-Camille qui nous a quittés le 10 avril 2019 ici au Monastère Saint Joseph à l’âge de 98 ans et dans la 75ième année  de sa Profession. Elle était la nièce de notre Père Fondateur.

Et pour Sœur Anita Isidore, qui est décédée à l’âge de 81 ans, un membre de la Communauté de la Croix Glorieuse en Amérique mais dans une Maison de Retraite

 

Lettre aux oblats

Octobre 2019


   Chères  Oblates,

Nous continuons notre lecture  de la conférence donnée par
        Mère Marie-Madeleine, Prieure du Monastère de Vanves,  
à la dernière réunion du SOB, en juin 2018 à Cîteaux, sur le thème :

Le  Notre Père           
                                          ( le style parlé est gardé)
                                         « 4 ème  suite »


« Que ton nom soit sanctifié »

Comment nos Offices, en particulier, sanctifient le nom de Dieu ?

Benoît va tout de suite mettre l’office après la partie doctrinale. Donc pour devenir fils, c’est permettre à Dieu de sanctifier son nom par nos vies. Nous permettons à Dieu de sanctifier son nom par nos vies, dans nos vies. La sainteté de Dieu nous est offerte, Dieu saint : cette sainteté va se dire pour nous par la rupture du temps, ce rapport au temps.

Je crois que la sanctification du nom de Dieu se manifeste de façon plus forte dans l’office divin qui est effectivement une rupture du temps, l’irruption de Dieu dans notre temps. Je vis l’office divin comme cette irruption de Dieu dans notre temps, c’est le sabbat, et il y a urgence de laisser Dieu faire irruption dans nos vies, pour que ce temps devienne temps de Dieu.

La sanctification du nom de Dieu c’est une suspension du temps qui plonge dans le temps de Dieu et qui nous fait sortir de ce temps autrement. Quand je sors de l’office, je suis autre, le temps de Dieu a fait irruption, a fait sans doute un peu explosion, révolution. Et ce qui nous fait grandir dans cette relation voulue par le Père, cette relation filiale où tout est donné, reçu, rendu, partagé. Et notre sanctification elle nous fait entrer, Dieu nous fait entrer dans sa sainteté, et Dieu met sa sainteté à la mesure de notre cœur.

Le Pape François se fait concret pour nous et avec nous :
« Il peut y avoir de nombreuses théories sur ce qu’est la sainteté, d’abondantes explications et distinctions. Cette réflexion pourrait être utile, mais rien n’est plus éclairant que de revenir aux paroles de Jésus et de recueillir sa manière de transmettre la vérité. Jésus a expliqué avec grande simplicité ce que veut dire être saint, et il l’a fait quand il nous a enseigné les béatitudes (cf. Mt 5, 3-12 ; Lc 6, 20-23). Elles sont comme la carte d’identité du chrétien. Donc, si quelqu’un d’entre nous se pose cette question, “comment fait-on pour parvenir à être un bon chrétien ?”, la réponse est simple : il faut mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des béatitudes. À travers celles-ci se dessine le visage du Maître que nous sommes appelés à révéler dans le quotidien de nos vies.
Le mot “heureux” ou “bienheureux”, devient synonyme de “saint”, parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur. »

Dieu demeure en nous, « va, désormais ne pêche plus » Cette sainteté a la taille de notre cœur humain. Dieu se fait homme, à travers le temps, dans le temps, c’est inscrit, c’est aujourd’hui, le temps devient un temps donné parce que reçu et ce n’est pas le temps des réussites, des compétences, des concurrences, des performances, reprenons le chapitre 57 de la Règle.
Sur les artisans du monastère. Les artisans du monastère ont un travail et puis s’ils le font bien, on leur laisse, s’ils en tirent orgueil, on leur enlève, c’est inscrit dans le temps voyez. Ces artisans, ils exercent, ils chantent la sainteté, la sanctification de Dieu par l’exercice de leur art. Mais à condition, que « si l’un d’eux venait à s’enorgueillir de ce qu’il sait faire, se persuadant qu’il apporte quelque profit au monastère, on lui interdira l’exercice de son métier et il ne s’occupera plus à moins qu’il ne se soit humilié et que l’abbé ne lui ait commandé d’y retourner », là on est complètement, j’allais dire, intégré la dynamique de la sanctification. L’essentiel c’est que la sainteté de Dieu se manifeste dans toutes les dimensions de notre vie. Alors la louange de Dieu va nous permettre d’inverser notre rapport au temps. La sainteté nous rejoint pour que nous soyons saints, que nous manifestions que nous sommes habités de la sainteté de Dieu, dans le temps de Dieu pour que l’œuvre de Dieu ne s’arrête pas. « N’arrête pas l’ouvrage de tes mains ». Nous avons bien ce point commun du travail quotidien, même si nos oblatures sont majoritairement des retraités ! Je constate que vous travaillez souvent plus que les autres, sans horaire, gratuitement, pour les autres ! Là s’inscrit dans la
communion notre marche commune !

Cette sainteté nous malaxe au-dedans de nous, nous transforme, nous pétrit. Nous sommes pétris de
l’intérieur par la sainteté de Dieu. Le Père Luc de la Pierre-qui-vire dit « qu’on est un ouvrage, ouvragé ». Nous sommes un ouvrage ouvragé. Et c’est formidable de se laisser ouvrager ! Voilà qui sanctifie le nom de Dieu : l’ouvrage ouvragé qui en célébrant l’œuvre de Dieu poursuit son œuvre justement, tâche qui n’est réservée à personne, mais dont nous faisons, nous profession pour que tout baptisé apporte sa part.

Quelle est la tâche de l’homme ? nous laisser ouvrager par la sainteté de Dieu parce que Dieu est saint, et nous, nous sommes ces laboratoires de l’ouvrage ouvragé. Dieu sanctifie le monde, le divinise, quand nous chantons, nous disons le Notre Père. Quand nous laissons la sainteté de Dieu demeurer en nous à travers l’œuvre que nous faisons nous-mêmes. Donc nous sommes vraiment dans cette filiation divine.

Au rythme des tambourins, de la harpe, de la cithare, de l’orgue, nous pratiquons, nous avons à pratiquer la sainteté de Dieu ! La mélodie n’est autre que la vie quotidienne, au son des béatitudes : « Qui veut la vie et le bonheur ? » demande saint Benoît ; le Pape répond avec une conviction qui doit être contagieuse et inventive : deux passages qui m’ont parlé :

Il n’est pas facile de bâtir cette paix évangélique qui n’exclut personne mais qui inclut également ceux qui sont un peu étranges, les personnes difficiles et compliquées, ceux qui réclament de l’attention, ceux qui sont différents, ceux qui sont malmenés par la vie, ceux qui ont d’autres intérêts. C’est dur et cela requiert une grande ouverture d’esprit et de cœur, parce qu’il ne s’agit pas d’« un consensus de bureau ou d’une paix éphémère, pour une minorité heureuse »[ ni d’un projet « de quelques-uns destiné à quelques-uns ». Il ne
s’agit pas non plus d’ignorer ou de dissimuler les conflits, mais « d’accepter de supporter le conflit, de le résoudre et de le transformer en un maillon d’un nouveau processus ». Il s’agit d’être des artisans de paix, parce que bâtir la paix est un art qui exige sérénité, créativité, sensibilité et dextérité.

Semer la paix autour de nous, c’est cela la sainteté !

Accepter chaque jour le chemin de l’Évangile, même s’il nous crée des problèmes, c’est cela la sainteté !

Comment sommes-nous ces laboratoires de sainteté, ces paraboles vivantes pour le monde d’aujourd’hui, là où nous sommes engagés, les uns en relation avec les autres ?
Artisans de paix, comment ?           (à suivre)




Prions pour notre Oblate, Monique Dubois, habitant  70100 Gray, qui est décédée le 8 setembre 2o19, à l’âge de 89 ans.

Au Monastère de Brou : Sr. Marie-Estelle, Sr. Lucie et Sr. Marie Bénigne ont fêté leur Jubilé de 60 ans de Profession, le samedi 28 septembre  2019.

Et le 13 octobre 2019 est grande fête au Monastère de Brou : Sr. Sarah célèbre sa Profession perpétuelle ! Prions et réjouissons-nous avec elle !

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