Réfléchir

Des textes pour approfondir notre foi …

 

Au centre : le Christ ! Il se relève.

Il danse de joie.

Il rayonne.

 

Par lui, à travers ses bras étendus - récemment sur la croix, maintenant en geste d’accueil - passe la Bénédiction créatrice et vivifiante du Père, transformant l’instrument de supplice, la croix, en arbre de vie aux bourgeons démesurés, prégnants d’espoir et de vie nouvelle.

 

Le serpent terrifiant et mortifère du Paradis a été changé en serpent de bronze (cf Nb 21 ; Jn 3,14) qui guérit tous ceux qui le regardent.

 

Le sol est imprégné du sang de l’homme-Dieu donnant sa vie par amour, pour nous tous – le sang qui est sève de vie et qui en même temps signifie le feu de l’Esprit.

 

Les eaux menaçantes des forces du mal ont dû se retirer devant ce nouveau monde en train de naître, en travail, toujours et toujours, jusqu’à la fin de ce monde et la naissance du Règne de Dieu.

 

 

Union de Jésus Crucifié   N° 859

    Janvier-février2019      


Chers Amis,
Dans quelques semaines nous allons faire nos sac-à-dos et nous mettre en route pour le grand pèlerinage vers Pâques. Comme tout pèlerinage, nous devons nous attendre quelques inconvénients rencontrés sur la route. D’autre part, il y aura ceux que nous choisissons nous-mêmes
Comment faire ce choix de renoncements pour le Carême ?
L’Ecriture nous fournit plein de choses et des choses qui sont souvent loin de ce que nous avons projeté ! Regardons un peu ce qui nous est proposé.

Commençons avec le Mercredi des Cendres.
 Dans le missel de semaine, comme introduction il est écrit pour ce jour-là, le premier jour de Carême :

« L’essentiel consiste à se convertir en se mettant à l’écoute du Seigneur…c’est se tourner vers Dieu. Il s’agit moins de s’arracher à l’égoïsme, d’opter pour une conception nouvelle de la vie, que de se tourner vers Quelqu’un qui appelle. Pour accueillir un message, il faut d’abord lever les yeux vers le messager. C’est pourquoi Jésus a fait entendre l’appel à la conversion au moment où il allait annoncer aux hommes la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. La conversion, à laquelle nous sommes conviés, va consister avant tout dans une intensification de notre relation personnelle à Jésus. »
Dès la première lecture de la messe du Mercredi des Cendres nous sommes mis sur le bon chemin de notre pèlerinage :

« Parole du Seigneur :
 Revenez à moi de tout votre cœur,
dans le jeune, les larmes et le deuil !
Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements,
et revenez au Seigneur votre Dieu,
car il est tendre et miséricordieux,
lent à la colère et plein d’amour… »

Dans l’Evangile de ce jour, nous apprenons de Jésus dans quel esprit il convient de faire l’aumône, de prier et de jeûner, et nous découvrirons que ce n’est pas l’Eglise qui a élaboré les modalités de la pénitence, mais qu’elle les a reçues de son Seigneur », dit l’introduction de cet Evangile.

Jésus nous dit : Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Par exemple : Quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi…pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
De même pour prier : à ne pas faire pour que tout le monde te voie. Et pour le jeûne : ne pas se composer une mine défaite pour montrer aux hommes que tu jeûnes, autrement tu as déjà touché ta récompense, mais que tout soit fait dans le secret : « Ton Père voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra.

Nous allons choisir de regarder de plus près la prière en écoutant saint Jean Chrysostome, un des premiers Pères de l’Eglise.

 

La prière est la lumière de l’âme
des homélies de saint Jean Chrysostome

Le bien suprême, c’est la prière, l’entretien familier avec Dieu. Elle est communication avec Dieu et union avec lui. De même que les yeux du corps sont éclairés quand il voit la lumière, ainsi l’âme tendue vers Dieu est illuminée par son inexprimable lumière. La prière n’est donc pas l’effet d’une attitude extérieure, mais elle vient du cœur. Elle ne se limite pas à des heures ou à des moments déterminés, mais elle déploie son activité sans relâche, nuit et jour.
En effet, il ne convient pas seulement que la pensée se porte rapidement vers Dieu lorsqu’elle s’applique à la prière ; il faut aussi, lorsqu’elle est absorbée par d’autres occupations – comme le soin des pauvres, ou d’autres soucis de bienfaisance-, y mêler le désir et le souvenir de Dieu, afin que tout demeure comme une nourriture très savoureuse, assaisonnée par l’amour de Dieu, à offrir au Seigneur de l’univers. Et nous pouvons en retirer un grand avantage, tout au long de notre vie, si nous y consacrons une bonne part de notre temps.
La prière est la lumière de l’âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes.
Lorsque je parle de prière, ne t’imagine pas qu’il s’agisse de paroles. Elle est un élan vers Dieu, un amour indicible qui ne vient pas des hommes et dont l’Apôtre parle ainsi : Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Lorsque tu la pratiques dans sa pureté originelle, orne ta maison de douceur et d’humilité, illumine-la par la justice ; orne-la par de bonnes actions comme d’un revêtement
précieux ; décore ta maison, au lieu des pierres de taille et des mosaïques, par la foi et la patience. Au-dessus de tout cela, place la prière au sommet de l’édifice pour porter ta maison à son achèvement. Ainsi tu te prépareras pour le Seigneur comme une demeure parfaite. Tu pourras l’y accueillir comme dans un palais royal et resplendissant, toi qui, par la grâce, le possède déjà dans le temple de ton âme.
+ + + + ++
Nous recommandons à votre prière :
Notre Sœur Judith Rose Goretski, décédée à l’âge de 81 ans. Elle était un membre de la Communauté de la Croix Glorieuse en Amérique mais dans une Maison de Soins.

Sœur Marie-Samuel Gourhannic, décédée le 16 janvier à l’âge de 87 ans. Elle était un membre de la Communauté de Saint Jacques mais était dans une Maison de Retraite à Ker Laouen.
Notre Oblate anglaise, Pauline Broad, décédée en Angleterre à l’âge de 92 ans, aussi dans une Maison de Soins.

Notre Sœur Mary Jude, décédée le 31 janvier à l’âge de 81 ans. Elle était un membre de la Communauté de la Croix Glorieuse en Amérique mais dans une Maison de Soins.

 

 

Lettre aux oblats

            Avril 2019


   Chères  Oblates,

Avec cette lettre, nous commençons à lire la conférence donnée par
        Mère Marie-Madeleine, Prieure du Monastère de Vanves,  
à la dernière réunion du SOB, en juin 2018 à Citeaux, sur le thème :


   Communeauté bénédictine et oblats en route ensemble

Un grand merci pour votre invitation à me faire travailler ! En fait, c’est peut-être bien de se mettre en
route ensemble, que de constater que cette rencontre du jour m’a mise au travail et m’a bien nourrie.

Double merci donc pour cette rencontre de ce matin, que je désire mettre dans le prolongement du
4ème Congrès international de Rome en 2017. J’ai reçu l’enseignement de Sr Chittister comme un
témoin à faire courir pour qu’il vous soit profitable ! Je n’ai pas l’expérience, les compétences de
Sr.Chitttister que j’admirais étant Novice. Elle m’a donné de l’espérance par son livre :  
«  La braise sous les  cendres », espérance qui a fait son chemin et dont je rendrai simplement compte ce matin !

J’ai donc reçu ce témoin à quatre faces, les quatre questions laissées ouvertes :
D’où venez-vous ?
Qui êtes-vous ?
Que devez-vous faire ?
Alors pourquoi existez-vous ?

Je ne sais comment vous avez donné réponses ouvertes à ces questions, comment ces questions
vous ont fait cheminer avec votre monastère d’oblature, comment ensemble vous avez réellement
commencé de répondre à ces questions. Je vous renvoie donc à ces questions, avec l’appel vibrant
qui terminait l’exposé : « Puissions-nous, vous, moi, nos monastères et nos oblatures à travers le
monde, nous accompagner les uns les autres, écouter la sagesse de chacun, alors, devenir une encore plus forte part de la tradition, chacun d’entre nous, que nous ne pourrions jamais devenir
individuellement. »

Devenir ensemble une part plus forte de la tradition !
Quelle mission bien audacieuse que l’Esprit a soufflée là! Alors j’ai entendu cet appel et j’apporte maintenant une part qui ne se veut pas individuelle, mais unique !
Différence importante, car je ne parle que de ce que je connais et d’où je suis, c’est unique :
La communauté de Vanves où je suis prieure, est mon lieu de vie, que je quitte assez régulièrement, sans doute trop pour mes sœurs et les oblats, parce que je suis présidente de notre Congrégation, et conseillère de la Congrégation des BSCM depuis 2013.

Je parle de ce lieu unique encore d’une communauté qui a une oblature originale :
La part importante est au ciel, et l’oblature invisible, (comme on parle de monastère invisible) qui sont les oblates par courrier ou tél, trop âgées pour se déplacer, celles dont on apprend l’existence quand elles décèdent...
la part visible, sorte de racine aujourd’hui, le petit groupe d’oblats et d’oblates qui se réunit une fois par mois et qui a aussi un visage propre : ceux engagés par l’oblature dans notre monastère, ceux engagés ailleurs et qui viennent pour nourrir leur engagement, ceux non engagés mais qui aiment se retrouver pour  cheminer  ensemble...
Chacun marche à son pas et quand nous passons une journée ensemble, nous
marchons ensemble !
Ce n’est pas un modèle à suivre, nous n’avons pas à faire école, mais je suis là pour vous partager notre expérience et essayer d’en tirer quelques lignes de force, peut-être des questions... pour remettre le témoin, je ne sais s’il aura encore quatre faces, peut-être l’aurons-nous poli, raboté, écorné ?!


Point de départ : La prière du Notre Père
Je me lance donc en partant d’une expérience forte qui me fait vivre depuis sept ans et que ma
communauté partage. Comment la Prière de Jésus est-elle notre roc ? Nous avons à vivre sa prière et ce sera mon point de départ.

    Donc ce point de départ, c’est une question : pourquoi le Notre Père ? Pourquoi partir du
Notre Père et faire du Notre Père, j’allais dire, un sillon théologique ? Il y a eu une question du
diocèse qui est venue un jour me demandant d’animer la journée diocésaine des prêtres  le jour de la
messe chrismale. A la messe chrismale, l’évêque rassemble ses prêtres et il y a une journée
d’enseignement et, on m’a demandé, pour l’année de la vie consacrée, de faire l’enseignement
auprès des prêtres du diocèse de Nanterre sur la question : « la vie consacrée a-t-elle un avenir en
France ? » J’ai bien réfléchi, prié, tremblé aussi en me demandant si je pouvais. Le diocèse de
Nanterre est quand même un diocèse qui a cent cinquante prêtres et quatre-vingt diacres. En fait,
trois évêques étaient là. Bon... on tremble !

    Or, un matin, une évidence est venue me bouleverser, à Laudes en chantant le Notre Père : la
prière du Notre Père m’a semblé être la réponse à la question. C’est vrai que si l’Église est église,
c’est-à-dire, à la fois catécuménale et mystagogique, alors il y a toujours lieu, un lieu, pour garder le Notre Père, pour le restituer, mieux : le vivre.
Alors, je me suis dit comment renvoyer à l’assemblée, comment l’Église de France est-elle aujourd’hui catécuménale et mystagogique ? C’est-à-dire comment porte-t-elle la bonne nouvelle de la Résurrection comme Marie-Madeleine ? Comment l’annonce-t-elle ? Telle fut ma question venant justement de notre vie de baptisées, de ressuscitées, de consacrées. Vivons-nous la prière du Christ comme notre unique nécessaire ? Alors ceux qui viennent faire oblation chez nous, le perçoivent-ils ? Le vivent-ils là où ils sont, eux aussi, et comment?

    C’est la pratique de la Règle qui m’a guidée, la récitation du Notre Père, la prière du Notre Père qui dit Dieu. Alors j’avoue que tous les matins, je tremble. Tous les matins, la tradition de Vanves, c’est que la Prieure chante seule le Notre Père - comme dit Benoit dans la règle au chapitre 13 - l’abbé chante seul la prière du Notre Père. On va prendre le chapitre 13 de la règle, que vous connaissez, je suppose, mais relisons ce chapitre ensemble pour notre marche du jour ensemble : c’est déjà à retenir : comment lisons-nous ensemble la Règle ? Que lisons-nous ensemble ? Comment avons-nous une interprétation commune ? Quels moyens sont à notre disposition ?


    
    
    
    Nous vous souhaitons
    une bonne continuation de Carême

    et une  Fête de Pâques
    pleine de joies !








 

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